Le recours au financement non conventionnel est la seule issue
possible pour sauver l'État de la
faillite, a tonné le Premier ministre algérien, lundi matin, devant les sénateurs.
faillite, a tonné le Premier ministre algérien, lundi matin, devant les sénateurs.
« Sans intervention de la Banque centrale d’ici le mois de novembre, l’État ne pourra plus payer les salaires ». Devant les sénateurs algériens, lundi, le Premier ministre Ahmed Ouyahia a
dressé un tableau quasi-apocalyptique de l’économie algérienne. « Le
couteau a atteint l’os », a-t-il poursuivi. « Il faut être franc en
disant que d’ici novembre, sans financement non conventionnel, toute
l’économie algérienne s’arrêtera brutalement ».
Après avoir obtenu le quitus de l’assemblée, Ahmed Ouyahia a
entamé, lundi 25 septembre, la présentation de son plan d’action devant
le Conseil de la nation (Chambre haute). Cette fois-ci, il a choisi les
termes les plus alarmistes pour justifier le recours à une mesure
extrême comme la planche à billets.
Confrontée depuis trois ans à la chute de ses revenus
pétroliers, le pays se trouve obligé de recourir à cette arme à double
tranchant, vu son risque inflationniste, pour éviter la crise cardiaque.
C’est la plus grave crise traversée par le pays au cours de la
présidence d’Abdelaziz Bouteflika, débutée en 1999.
Les officiels algériens considèrent la planche à billets
comme étant la seule solution permettant d’éviter la faillite de l’État.
Ils refusent de recourir à l’endettement extérieur par peur de mettre
le pays à la merci du FMI. Traumatisée par l’expérience des années 1990,
qui avait abouti à un plan d’ajustement structurel en 1994 – mis en
application par Ahmed Ouyahia, alors Premier ministre du président
Liamine Zeroual –, l’Algérie ne veut plus plier les genoux devant
l’institution de Bretton Woods. Pendant ses années fastes, appuyée sur
de confortables revenus pétroliers, elle avait choisi de payer par
anticipation sa dette extérieure au FMI. Elle s’est même offert le luxe
de prêter 5 milliards de dollars au Fonds, devenant ainsi un de ses
créanciers.
La question de l’endettement toujours présente
Mais depuis fin 2014, à cause de la chute des cours de
pétrole, les réserves de change ont commencé à se réduire comme peau de
chagrin. Après avoir atteint un pic de 194 milliards de dollars à la fin
mai 2014, elles ont entamé une baisse vertigineuse jusqu’à atteindre
106 milliards fin mai 2017. Depuis février dernier, le Fonds de
régulation des recettes (FRR), qui sert à gérer les excédents
budgétaires liés aux exportations d’hydrocarbures, est à sec.
Même en recourant à la planche à billets, plusieurs
économistes estiment que le pays ne sera pas à l’abri de l’inflation. Vu
les difficultés rencontrées par les entreprises publiques et les
secteurs névralgiques comme la santé et l’enseignement, il n’aura
d’autre choix choix, selon eux, que de s’endetter à l’extérieur.

