Deux anciens ministres et un général à la retraite estiment que les
Algériens doivent faire front
commun pour éviter le naufrage du pays.
"Ça suffit !", écrivent-ils dans un communiqué diffusé dans la presse
algérienne.
Trois personnalités algériennes respectées ont ajouté, dimanche 8 octobre, leur voix au débat sur les capacités du chef de l’État à gouverner,
estimant qu’Abdelaziz Bouteflika « n’est plus en mesure de diriger »
l’Algérie et appelant à empêcher sa candidature à un 5ème mandat en
2019.
« Le chef de l’État actuel, très lourdement handicapé, n’est
manifestement plus en mesure de continuer à diriger le pays », estiment
dans un communiqué commun Ahmed Taleb Ibrahimi, ex-ministre des
Affaires étrangères et candidat à la présidentielle en 1999, l’avocat
Ali Yahia Abdenour, ancien ministre et doyen des militants des droits de
l’Homme en Algérie, et le général en retraite Rachid Benyelles, ancien chef des forces navales.
Le président algérien, 80 ans, est affaibli par les
séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2013 qui a
sérieusement affecté son élocution et sa mobilité, suscitant de
constantes spéculations sur son état de santé en Algérie.
Au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika, qui n’apparaît
plus que rarement en public, a néanmoins été réélu en 2014 – un record
de longévité à la tête de l’Algérie – et son entourage évoque
publiquement sa candidature à un cinquième mandat en 2019.
Appel à la mobilisation
Dans leur lettre, les trois personnalités accusent « ceux qui détiennent véritablement le pouvoir, à savoir l’entourage familial du président et un groupe de puissants oligarques »
de « l’exhiber pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours
en vie » et de « préparer la candidature pour un cinquième mandat
présidentiel d’un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer ».
« Dans tout autre pays démocratique, pareille situation
aurait conduit soit à une démission librement exprimée par le Président,
au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, soit à la destitution de
celui-ci par voie constitutionnelle », écrivent-ils. Ils accusent, sans
détour, l’entourage familial du président et les oligarques qui
gravitent autour d’avoir « dilapidé la manne pétrolière sans se soucier
de l’avenir du pays ».Pour éviter le naufrage et sauver ce qui peut
l’être encore, ils appellent les Algériens à faire taire les divergences
culturelles, linguistiques et politiques pour crier à l’unisson : « ça
suffit! » et à créer un « front commun » contre « ceux qui ont
confisqué » le pouvoir « depuis près de 20 ans ».
S’adressant à l’armée, longtemps acteur puissant du jeu
politique algérien, ils l’appellent à se « démarquer de manière
convaincante du groupe qui s’est emparé indûment du pouvoir » « à défaut
d’accompagner le changement ».
Source: Jeune Afrique

