
Le huis clos aura duré plus de 12 heures. Les sept chefs de file de l’opposition congolaise étaient enfermés en conclave, loin de leurs collaborateurs, loin de la presse, pour tenter de mettre fin à leurs différends sur les questions épineuses, dont celle d’un candidat unique. Mais ils ont finalement remis la question à ce dimanche 11 novembre, dernier jour de cette rencontre à Genève.
L’équipe de facilitateurs de la fondation Kofi Annan a décidé de
séparer les leaders de leur entourage, de la presse, de tout type de
pression. Et sans accès au téléphone. Un huis clos total qui a laissé place à beaucoup de spéculations…
Des annonces ont été faites depuis Kinshasa, donnant l’un ou l’autre
des leaders comme le candidat de l’opposition. De faux messages sur les
réseaux sociaux ont agité les milieux politiques, au point de pousser
certains cadres ou même des députés à féliciter l’un ou l’autre. Des
partisans également heureux de voir enfin l’opposition s’unir, elle qui
était toujours divisée.
Mais finalement, espoir déçu : pas de fumée blanche sur la question du candidat unique.
En tout cas pas sans accord préalable, avec des garanties et des
engagements, avant, pendant et après le 23 décembre. Avec ce texte, la
coalition s’engage à refuser la machine à voter jusqu’au bout, sans
boycotter les scrutins... Le candidat unique doit aussi s’engager à
organiser des élections avant la fin de son mandat et à organiser des
élections crédibles pour permettre à tous d’y participer.
Finalement, vers 2h du matin, l’un des sept chefs de file a annoncé
qu’ils avaient paraphé l’accord, mais qu’ils ne l’avaient encore
formellement signé. « Si toutes les autres questions sont vidées, il ne reste plus que l’égo pour empêcher la désignation d’un candidat unique », estime l’un des cadres de leur parti.
Samedi, du côté de la facilitation, on se disait encore optimistes
sur la possibilité de parvenir à un accord sur un nom, ce dimanche,
dernier jour des négociations.

