
En Egypte, le chef des renseignements généraux vient d'être sanctionné
par le président Abdel Fattah
al Sissi qui l'avait lui-même nommé il y a
trois ans.
Khaled Fawzy est démis de ses fonctions et remplacé par le plus
proche collaborateur du président égyptien, son directeur de cabinet
Kamel Abbas.
Un changement qui intervient au moment où le renseignement égyptien est au cœur de plusieurs polémiques.
Ce
limogeage surprise et sans explication officielle pourrait être lié aux
dernières révélations chocs du New York Times sur l'attitude de
l'Egypte vis-à-vis du déménagement de l'ambassade américaine à
Jérusalem.
Conséquence de la reconnaissance de Jérusalem par Trump
En
effet selon le quotidien américain, un agent des renseignements
égyptien aurait tenté d'influencer des figures médiatiques et l'opinion
égyptienne en faveur de la décision de Trump, pourtant très critiquée et
condamnée par tous les états arabes.
L'Egypte a nié ces
accusations et même annoncé une enquête contre le journal mais cette
affaire révèle au minimum que des dissensions profondes existent au sein
des services de renseignements que Khaled Fawzy était censé superviser
et contrôler.
Un scandale embarrassant d'autant plus que ces
services sont accusés d'inefficacité pour ne pas avoir su prévenir et
empêcher l'attentat le plus meurtrier de l'Histoire de l'Egypte, le 25
novembre dernier, 308 fidèles ont péri dans l'attaque de leur mosquée au
Nord du Sinaï.
Cet échec sanglant de la lutte antiterroriste
tient en partie au manque de coopération entre les services de
renseignements de l'armée et ceux rattachés au président.
En
nommant son plus proche lieutenant, le chef de l'Etat Abdel Fattah al
Sissi indique à la fois son mécontentement et sa volonté de remettre
lui-même en ordre ces services. Et ce à deux mois des élections
présidentielles.
BBC

