
Ni le Nigeria ni le Cameroun ne l'ont confirmé officiellement, mais dix militants séparatistes camerounais ont bien été arrêtés le 5 janvier dernier à Abuja. Tous font partie de l'auto-proclamée République d'Ambazonie, et réclament donc l'indépendance des deux régions à majorité anglophone de l'ouest du Cameroun. Les autorités de Yaoundé ont demandé l'extradition de ces militants, mais pour l'instant, ils se trouvent toujours au Nigeria.
Les discussions se déroulent au plus haut niveau. Les présidences
nigériane et camerounaise sont en contact étroit depuis dix jours. Mais
selon une source bien informée, le Nigeria n'a toujours pas arrêté sa
position.
Le Cameroun réclame l'extradition des militants ayant appelé à la sécession des régions de l'ouest anglophones.
Parmi eux se trouve le président de la république auto-proclamée
d'Ambazonie et des cadres du mouvement. Yaoundé rappelle que des mandats
d'arrêt internationaux ont été émis il y a plusieurs mois, mais le
Nigeria hésite toujours.
D'un côté, il souhaite aider le Cameroun. Les relations entre les
deux pays se sont nettement réchauffées depuis quelques années, comme en
témoigne la lutte commune contre Boko Haram. Mais d'un autre côté, les
autorités nigérianes ne veulent pas subir d'éventuels troubles à la
frontière avec les régions anglophones du Cameroun en cas d'extradition.
Une source nigériane explique par ailleurs que la majorité de ces
militants camerounais bénéficient soit du statut de réfugié, soit du
statut de résident permanent. Selon cette source, le Nigeria n'a donc
pas vraiment de raison légale de les extrader vers le Cameroun.

