Quelque 160.000 personnes ont dû fuir leur logement dans les régions
anglophones du Cameroun en
raison des violences liées au séparatisme
anglophone, a indiqué mardi l’ONU dans un communiqué de son Bureau de
coordination des Affaires humanitaires (Ocha).
C’est la première fois qu’une estimation du nombre de déplacés est
effectuée depuis le début de la crise fin 2016, en raison d’un accès
difficile aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les deux régions
anglophones du pays en proie à cette profonde crise socio-politique.
“La majorité des déplacés a fui dans la brousse avec peu pour
survivre. D’autres sont hébergés par des communautés locales qui font
également face à des conditions de vie défavorables”, indique le
communiqué de l’Ocha.
Outre ces 160.000 déplacés, 34.000 personnes ont trouvé refuge au Nigeria voisin dans l’Etat de Cross River, selon l’agence nigériane de gestion des urgences (Sema).
Outre ces 160.000 déplacés, 34.000 personnes ont trouvé refuge au Nigeria voisin dans l’Etat de Cross River, selon l’agence nigériane de gestion des urgences (Sema).
Selon des témoignages recueillis par l’AFP au Nigeria, les
Camerounais traversent la frontière à pied, dans des zones montagneuses
et de forêt dense très peu accessibles du fait du manque de routes,
rendant difficile leur enregistrement.
“Comme dans tout scénario de conflit armé, la population civile paie
les conséquences de la violence, de l’insécurité et de la peur”,
expliquait en avril à l’AFP Alberto Jodra Marcos, chef de mission de
l’ONG Médecins Sans Frontières-Suisse au Cameroun.
Aux Nord-Ouest et Sud-Ouest, les combats sont devenus
quasi-quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises, déployées
en force par Yaoundé, et des hommes armés se réclamant de “forces de
restauration” d’un Etat anglophone, qui avait éphémèrement vu le jour
entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.
Vendredi, un homme a été enlevé par des hommes armés à Widikum
(Nord-Ouest), de sources concordantes. “Il travaillait le lundi, alors
que c’est un jour décrété +ville morte+ par les séparatistes”, selon une
source pastorale à l’AFP.
Des affrontements ont eu lieu à Bafut (Nord-Ouest) le 11, et à Yo-Ke
(Sud-Ouest) le 12, sans faire de victime recensée, selon des sources
concordantes.
Selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG), “au moins 120” civils et “au moins 43″ forces de sécurité” ont été tués depuis fin 2016. Le bilan côté séparatistes reste inconnu.
Selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG), “au moins 120” civils et “au moins 43″ forces de sécurité” ont été tués depuis fin 2016. Le bilan côté séparatistes reste inconnu.
Les séparatistes sont accusés de multiples enlèvements de
fonctionnaires et autres Camerounais francophones, tandis que l’armée
est taxée d’exactions et de brûler des habitations.
“Nous ne brûlons que les maisons où on découvre des armes”, se
défendait fin avril à l’AFP l’armée, qui réfute les accusations
d’exactions.
Source: AFP

