
Les charges ayant conduit à l’arrestation de l'opposant
Maurice Kamto, président du Mouvement
pour la renaissance du Cameroun
(MRC), demeurent inconnues. Ses avocats dénoncent une « procédure
illégale ».
Plus de vingt quatre heures après son interpellation à Douala, Maurice Kamto n’avait, ce mercredi matin, toujours pas été notifié des raisons de son arrestation, a appris Jeune Afrique
de sources concordantes. Les avocats du président national du MRC
affirment par ailleurs avoir été empêchés de rencontrer leur client, qui
n’a eu droit qu’à une visite d’un membre de sa famille depuis son
transfert à Yaoundé.
Dans les locaux du GSO
Maurice Kamto a passé sa deuxième nuit de garde à vue dans les locaux
du Groupement d’intervention opérationnel (GSO), où il a dormi sur un
matelas posé sur le sol. Si tout indique que l’opposant camerounais n’a
subi aucune violence physique, sa nuit aurait été perturbée à plusieurs
reprises par les agents du GSO, « parfois pour des raisons
fallacieuses », indique l’un de nos sources, sous couvert d’anonymat.
« Il s’agit ni plus ni moins d’une arrestation arbitraire. Sinon,
comment peut-on interpeller quelqu’un à son domicile, le placer en garde
à vue, avant de chercher le motif de sa détention ? », a dénoncé
Olivier Bibou Nissack, le porte-parole de Maurice Kamto, joint mercredi
par Jeune Afrique.
Dans un communiqué rendu public le 29 janvier, l’ONG Amnesty
international a dénoncé une « intensification de la répression à
l’encontre de l’opposition et des militants des droits de l’homme au
Cameroun », réclamant une libération « sans conditions des personnes
arrêtées.
Vers un front commun de l’opposition ?
Le Syndicat national des journalistes du Cameroun, dont deux des
membres, Theodore Tchopa et David Eyegueont, été interpellés alors
qu’ils couvraient l’arrestation du leader du MRC, a demandé leur
libération immédiate. « Leur interpellation est le fait d’une
confusion », a regretté le syndicat dans un communiqué, rappelant que
« le terrain demeure la principale source d’information du journaliste
et sa présence en ce lieu ne saurait être considérée comme un crime ».
Passée la vague d’indignation qui s’est levée dans les heures qui ont
suivi les arrestations, les acteurs de l’opposition envisagent
désormais rallier le MRC lors du second acte de la « marche blanche »,
annoncé pour le samedi 2 février. Plusieurs responsables du Social
Democratic Front (SDF) et du Cameroon People Party (CPP) se sont dit
prêts à rejoindre ce mouvement, ce qui augure de nouvelles
manifestations agitées à travers le pays. « Nous attendons la réaction
des partis politiques afin d’arrêter ensemble la stratégie pour la
poursuite victorieuse des « marches blanches » engagées depuis le 26
janvier et qui se poursuivront les 2 et 9 février 2019 », peut-on lire
dans un communiqué du MRC diffusé ce mercredi.
Par Jeune Afrique

