
Fuyant la «censure» de Facebook, les Gilets jaunes «déménagent» peu à peu sur le réseau social russe
VKontakte. Sputnik s’est entretenu avec l’animateur de l’un de leurs groupes pour élucider ce phénomène.
Depuis peu sur VKontakte (VK),
des groupes de Gilets jaunes comptent chacun sur le réseau social russe
plus d'un millier d'adhérents. Le plus nombreux d'entre eux, qui
s'appelle Info blocage Gilets jaunes, a déjà franchi le seuil des 2.500
membres. Tout comme sur Facebook,
ces pages contiennent des informations sur les blocages, ainsi que des
vidéos et des images réalisées lors des manifestations dans les villes
françaises. La majorité des publications sont en français.
Ayant
découvert ce phénomène, Sputnik a sollicité l'animateur de l'un de ces
groupes afin de lui demander pourquoi de plus en plus de Gilets jaunes
se mobilisent sur VK. Préférant garder son anonymat, il explique que
c'est à cause d'une «énorme censure» sur Facebook que de nombreux manifestants préfèrent son alternative russe.
Il
a aussi rappelé qu'en mai dernier Emmanuel Macron avait rencontré Mark
Zuckerberg. Selon l'interlocuteur de Sputnik, il est «vraisemblable»
qu'un certain «accord a été conclu entre eux».
Il est à rappeler que quelques mois après cette rencontre, le
Président français a annoncé un partenariat à venir entre le
gouvernement et Facebook. Le réseau social a consenti d'ouvrir ses portes à «quatre à cinq experts» nommés par le gouvernement français afin de leur montrer comment se faisait le travail de modération.
Contacté par BFM TV, Facebook a assuré n'avoir «reçu aucune demande de la part du gouvernement français pour supprimer des contenus liés aux manifestations» des Gilets jaunes.
Néanmoins, de nombreux Gilets jaunes accusent la plateforme fondée par Mark Zuckerberg d'agir en leur défaveur. Par exemple, à la suite des modifications mises en place par Facebook à la mi-janvier, le «compteur officiel de Gilets jaunes» a perdu près d'un million de membres, passant de 2,8 millions à 1,8 million en quelques jours.
Facebook exclut désormais des groupes toute personne ayant été ajoutée par un de leurs contacts, mais n'y ayant jamais participé. Un autre changement concerne la possibilité d'ajouter des membres dans un groupe Facebook. Auparavant, il était possible d'ajouter à un groupe des utilisateurs de Facebook sans leur autorisation. Désormais, ils figurent dans la partie «Invités» jusqu'à ce qu'ils acceptent l'invitation qui n'est valable que pendant vingt-huit jours.
Source: fr.sputniknews.com
«Facebook a servi de vecteur au début du
mouvement et beaucoup de Gilets jaunes y sont encore. Mais une énorme
censure existe dès que l'on va de groupe en groupe pour se rassembler»,
précise-t-il.
Il raconte avoir personnellement fait face à une «grosse censure».
Privé à plusieurs reprises de l'accès aux groupes Facebook pour des
périodes de plusieurs jours, il a finalement été complètement banni sous
prétexte que le «robot détecte anomalies».
«J'ai encore ouvert un autre compte, toujours
sur Facebook […] et j'ai recréé un groupe, j'avais plus de 1.500
contacts et de nouveau des censures à répétition, des images supprimées
sans aucune raison, jamais d'insulte et finalement compte accès bloqué
sauf si je peux reconnaitre [un certain nombre, ndlr] d'amis alors qu'il
ne s'agit que de contacts», s'indigne-t-il.
Il a alors décidé de créer un groupe sur VK, plateforme qu'il qualifie d'«espace de liberté», afin de «s'organiser».
«Je travaille à essayer de participer à
l'organisation au niveau national en proposant un organigramme du
mouvement avec sections de base jusqu'à la direction nationale»,
ajoute-t-il.
Interrogé sur les allégations du gouvernement français qui accuse les
médias russes, dont Sputnik, d'ingérence dans les affaires intérieures
françaises, ce Gilet jaune indique que ces déclarations sont «sans
fondement».
«Le gouvernement est tellement aux abois qu'il
accuserait mon chien d'encourager les Gilets jaunes. Oui, ils peuvent
raconter sans fondement que la Russie est derrière, mais on sait bien
que non, bien sûr», affirme-t-il.
Contacté par BFM TV, Facebook a assuré n'avoir «reçu aucune demande de la part du gouvernement français pour supprimer des contenus liés aux manifestations» des Gilets jaunes.
Néanmoins, de nombreux Gilets jaunes accusent la plateforme fondée par Mark Zuckerberg d'agir en leur défaveur. Par exemple, à la suite des modifications mises en place par Facebook à la mi-janvier, le «compteur officiel de Gilets jaunes» a perdu près d'un million de membres, passant de 2,8 millions à 1,8 million en quelques jours.
Facebook exclut désormais des groupes toute personne ayant été ajoutée par un de leurs contacts, mais n'y ayant jamais participé. Un autre changement concerne la possibilité d'ajouter des membres dans un groupe Facebook. Auparavant, il était possible d'ajouter à un groupe des utilisateurs de Facebook sans leur autorisation. Désormais, ils figurent dans la partie «Invités» jusqu'à ce qu'ils acceptent l'invitation qui n'est valable que pendant vingt-huit jours.
Source: fr.sputniknews.com

