
Juan Guaido, qui
s'est autoproclamé «Président par intérim» du Venezuela, a déclaré le 31
janvier que
«le changement de gouvernement» dans son pays était dans l'intérêt de la Russie et de la Chine. Sollicitée par Sputnik, une experte de la Chambre de commerce et d'industrie russe indique que «personne» ne peut en bénéficier à court terme.
«le changement de gouvernement» dans son pays était dans l'intérêt de la Russie et de la Chine. Sollicitée par Sputnik, une experte de la Chambre de commerce et d'industrie russe indique que «personne» ne peut en bénéficier à court terme.
Dans une interview accordée à Reuters le 31 janvier, Juan Guaido,
«Président par intérim» autoproclamé, a déclaré que la Russie et la
Chine pouvaient profiter du «changement de gouvernement» au Venezuela.
Ioulia
Potemkina, membre de la Chambre de commerce et d'industrie de la
Fédération de Russie, interrogée par Sputnik, estime qu'à court terme,
personne ne peut bénéficier de la situation au Venezuela.
Déclaration «politique» et «populiste»
D'ailleurs, Ioulia Potemkina indique qu'il ne faut pas «prendre au sérieux» les propos de M.Guaido, qu'elle qualifie de «politiques».
En soulignant que les importations vénézuéliennes en Russie ont augmenté ces dernières années, Mme Potemkina émet l'hypothèse qu'elles pourraient désormais diminuer «de plusieurs fois» et que le rétablissement des relations commerciales pourrait prendre «du temps».
Pendant les présidences d'Hugo Chavez et de Nicolas Maduro, la Russie a renforcé sa coopération avec le Venezuela, notamment, dans les domaines militaire et énergétique. La compagnie pétrolière russe Rosneft a des intérêts dans cinq entreprises conjointes avec la société nationale vénézuélienne PDVSA. D'après le groupe de médias russe RBK, le géant russe a prêté environ six milliards de dollars à son partenaire vénézuéliens. En décembre dernier, Rosneft a déclaré que la dette de PDVSA avait diminué jusqu'à 3,1 milliards de dollars.
Le
27 janvier, Washington a annoncé des sanctions contre PDVSA qui
prévoient le gel des actifs de la compagnie pétrolière et l'interdiction
de toute opération avec l'entreprise.
L'opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président
de l'Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême,
s'est autoproclamé le lendemain «Président en exercice» du pays et a
prêté serment pendant une manifestation à Caracas. Donald Trump l'a
reconnu comme «Président par intérim».
Nicolas Maduro a estimé que les États-Unis avaient essayé d'organiser un coup d'État au Venezuela et a rompu les relations diplomatiques avec ce pays le 23 janvier. Il a qualifié M.Guaido de Président non constitutionnel.
Depuis le 4 février, 19 pays-membres de l'UE ont reconnu Juan Guaido comme «Président par intérim» du Venezuela.
Source: fr.sputniknews.com
«Ce qui convient le plus à la Russie et à la
Chine c'est la stabilité du pays [du Venezuela, ndlr] et le changement
de gouvernement. [Nicolas] Maduro ne protège pas le Venezuela, il ne
protège pas les investissements de qui que ce soit et il n'est pas un
bon partenaire pour d'autres pays», a-t-il lancé.
«On peut dire avec une certitude de 100% que,
compte tenu de l'expérience historique de n'importe quel État ou
territoire, les évènements révolutionnaires […] à court et à moyen terme
font subir des pertes économiques», précise-t-elle, mettant en garde
contre une vision en noir et blanc des évènements au Venezuela.
Elle indique que c'est, en premier lieu, les intérêts du Venezuela, mais aussi ceux de tous ses partenaires, qui seront lésés.
«Lorsqu'il y a un clivage et une transformation
révolutionnaires, à court terme il y a des dégâts pour toutes les
parties, dont les États-Unis, puisqu'ils devront y investir plus pendant
une certaine période», ajoute-t-elle.
Selon l'experte, il est plus difficile d'évaluer quelles pourraient
être les conséquences à long terme, puisqu'elles dépendront de nombreux
éléments.Déclaration «politique» et «populiste»
D'ailleurs, Ioulia Potemkina indique qu'il ne faut pas «prendre au sérieux» les propos de M.Guaido, qu'elle qualifie de «politiques».
«La personne qui veut accéder au pouvoir peut
dire beaucoup de choses afin d'obtenir le résultat désiré […].
Personnellement, j'estime que cette déclaration […] n'est pas bien
fondée du point de vue économique», évalue-t-elle.
En
ce qui concerne la protection des investissements au Venezuela, Mme
Potemkina indique que des dispositions en ce sens existent déjà.
«C'est une sorte de phase populiste qui
témoigne du fait que M.Guaido, qui s'est déjà assuré du soutien formel,
veut obtenir le même [soutien, ndlr] de la part de la Russie et de la
Chine, étant bien conscient que la Russie et la Chine sont des acteurs
importants sur la scène internationale», ajoute-t-elle.
Plusieurs domaines concernésEn soulignant que les importations vénézuéliennes en Russie ont augmenté ces dernières années, Mme Potemkina émet l'hypothèse qu'elles pourraient désormais diminuer «de plusieurs fois» et que le rétablissement des relations commerciales pourrait prendre «du temps».
«Je ne pense pas que les importations des
marchandises vénézuéliennes augmentent si le régime change [au
Venezuela, ndlr]», précise-t-elle.
Elle indique que ce n'est pas seulement l'économie, mais aussi les
échanges humanitaires et culturels entre la Russie et le Venezuela qui
peuvent être concernés par la crise politique dans ce pays
sud-américain. Elle a rappelé le rôle du Fonds de développement national
chargé des échanges universitaires russo-vénézuéliens.
«J'ai parlé à mes collègues il y a deux jours
et ils m'ont dit que cette année aucun étudiant vénézuélien ne viendra
chez nous. Il s'agit d'un autre indicateur des pertes», conclut-elle.
Pendant les présidences d'Hugo Chavez et de Nicolas Maduro, la Russie a renforcé sa coopération avec le Venezuela, notamment, dans les domaines militaire et énergétique. La compagnie pétrolière russe Rosneft a des intérêts dans cinq entreprises conjointes avec la société nationale vénézuélienne PDVSA. D'après le groupe de médias russe RBK, le géant russe a prêté environ six milliards de dollars à son partenaire vénézuéliens. En décembre dernier, Rosneft a déclaré que la dette de PDVSA avait diminué jusqu'à 3,1 milliards de dollars.
Nicolas Maduro a estimé que les États-Unis avaient essayé d'organiser un coup d'État au Venezuela et a rompu les relations diplomatiques avec ce pays le 23 janvier. Il a qualifié M.Guaido de Président non constitutionnel.
Depuis le 4 février, 19 pays-membres de l'UE ont reconnu Juan Guaido comme «Président par intérim» du Venezuela.
Source: fr.sputniknews.com

