L'enquête se poursuivait lundi pour déterminer pourquoi le Boeing 787
flambant neuf d'Ethiopian
Airlines s'est écrasé dimanche au sud d'Addis Abeba, faisant 157 morts, une tragédie marquée en Ethiopie par un jour de deuil national.
Airlines s'est écrasé dimanche au sud d'Addis Abeba, faisant 157 morts, une tragédie marquée en Ethiopie par un jour de deuil national.
Le Kenya était lui doublement endeuillé: avec 32 ressortissants à
bord, c'est le pays le plus touché par la tragédie, et Nairobi est par
ailleurs le hub régional des Nations unies, qui ont été durement
affectées par la catastrophe.
Le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE), qui a son
siège dans la capitale kényane, ouvre lundi matin sa conférence
annuelle qui réunit des centaines de délégués venus du monde entier. Nul
doute que la tragédie sera dans toutes les têtes.
Selon le directeur général de l'Organisation internationale pour les
migrations (OIM), Antonio Vitorino, dix-neuf employés de l'ONU ont péri
dans le crash. Parmi les victimes figurent au moins un membre du PNUE,
un autre du Programme alimentaire mondiale (PAM) et plusieurs autres du
Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
Dès dimanche après-midi, des enquêteurs de l'Agence éthiopienne de
l'aviation civile ont été à pied d'oeuvre sur les lieux du crash pour
récolter le maximum de débris et d'indices et trouver les boîtes noires
de l'appareil, ce qui n'a pas encore été fait, selon une source au sein
de la compagnie. Ces enquêteurs devraient être prochainement rejoints
par une équipe technique de Boeing.
Le PDG d'Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, a confirmé que
l'enquête serait menée conjointement par des enquêteurs éthiopiens et
américains. L'organisme américain chargé de la sécurité dans les
transports (NTSB) a annoncé l'envoi d'une équipe d'inspecteurs chargés
d'apporter leur aide dans l'enquête.
- "Avion en feu" -
Le vol ET 302 avait décollé dimanche à 08H38 (05H38 GMT) d'Addis Abeba et il a disparu des radars six minutes plus tard.
L'appareil, un Boeing 737-800 MAX livré courant 2018 à la compagnie,
était piloté par Yared Getachew (8.000 heures de vol à son actif) et
avait fait l'objet d'une maintenance le 4 février.
En s'écrasant, l'avion a creusé un impressionnant cratère, labourant
la terre sur des dizaines de mètres de longueur. L'avion s'est
désintégré à l'impact: on ne distinguait plus la forme de l'appareil
mais seulement des morceaux de carlingue éparpillés.
Selon un témoin, Tegegn Dechasa, "l'avion était déjà en feu lorsqu'il
s'est écrasé au sol", "l'avion était déjà en flammes à l'arrière juste
avant le crash".
"L'avion semblait vouloir tenter d'atterrir dans un champ à proximité
mais il s'est écrasé avant de l'atteindre", a expliqué un autre témoin,
Sisay Gemechu, un fermier.
- 35 nationalités -
Les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes, selon
des chiffres provisoires de la compagnie. Celle-ci a notamment dénombré
32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 8 Italiens, 8 Chinois, 8
Américains, 7 Français, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Allemands et 4
Indiens. Un passager voyageait avec un passeport onusien.
Le gouvernement français a fait état pour sa part de la mort de huit Français et le parquet de Paris a ouvert une enquête.
Les messages de condoléances aux victimes ont afflué toute la journée
dimanche, du Premier ministre éthiopien au président kényan, de l'Union
africaine au secrétaire général de l'ONU, en passant par le Premier
ministre canadien et le président français Emmanuel Macron qui sera en
visite officielle en Ethiopie mardi et mercredi puis au Kenya mercredi
et jeudi.
Les détails concernant l'identité des passagers commençaient à
émerger: un député slovaque, Anton Hrnko, a ainsi perdu son épouse et
ses deux enfants. Parmi les huit Chinois décédés figuraient des
touristes, des employés de sociétés et un membre du PNUE. Un architecte
italien était aussi à bord.
La compagnie Ethiopian Airlines, détenue à 100% par l'Etat éthiopien,
a connu une très forte expansion ces dernières années. Sa flotte compte
plus de 100 appareils, ce qui en fait la plus importante en Afrique.
Le 29 octobre 2018, un Boeing 737-800 MAX appartenant à la compagnie
indonésienne Lion Air s'était abîmé au large de l'Indonésie, faisant 189
morts. Une des boîtes noires avait pointé des problèmes d'indicateur de
vitesse, un coup dur pour cet avion, version modernisée du best-seller
737.
VOA Avec AFP