
L’agence de notation Standard & Poor's maintient la
note « B » attribuée à la dette souveraine du
pays, à long et à court
terme, mais elle s’inquiète d’une hausse des risques budgétaires et
sécuritaires.
Si elle maintient la note « B/B » (catégorie très
spéculatif) attribuée à la dette souveraine du Cameroun à long et à
court termes, non sans nourrir des inquiétudes, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P)
révise pour la première fois la perspective de ces notes, en la faisant
passer de « stable » à « négative ». Une manière de mettre en exergue
les « risques extérieurs et budgétaires » pesant sur le pays.
« La perspective négative signifie que nous pourrions
abaisser les notes du Cameroun au cours des 12 prochains mois si les
déficits budgétaires ou le ratio de la dette publique nette rapporté au
PIB dépassaient nos prévisions actuelles, si les pressions extérieures
dépassaient nos anticipations, ou si l’environnement social et politique
se détériorait considérablement, par exemple, en limitant l’accès du
gouvernement au financement », souligne le communiqué du 12 avril.
Les raisons de l’inquiétudes
La crise anglophone
pèse considérablement le secteur agricole. Les productions du cacao et
de café, dont les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (20% de la
population) constituent les principaux bassins, ont baissé.
En outre, la Cameroon Development Corporation (CDC),
principale agro-industriel de la zone et deuxième employeur après
l’État a considérablement réduit ses activités. À cela s’ajoute le fait
que la menace que la secte nigériane Boko Haram fait peser dans le
septentrion persiste, selon S&P. « Si l’environnement sécuritaire,
social et politique se détériorait davantage, la performance économique
souffrirait plus que nous ne le prévoyons actuellement », prévient
l’agence.
À ce risque sécuritaire, qui entraîne une augmentation des dépenses,
s’ajoute une dette publique extérieure qui continue de croître de
manière inquiétante, sous l’effet des projets d’infrastructure liés à la
Coupe d’Afrique des nations, dont l’organisation – récemment retirée au
Cameroun pour 2019 -, devrait y avoir lieu en 2021.
Par Jeune Afrique

