
Les protestations se succèdent au Cameroun depuis
l’adoption par le Parlement européen d’une
résolution visant la
situation politique et les abus des droits de l’homme dans le pays, dont
l'arrestation de l’opposant Maurice Kamto. Les autorités de Yaoundé se
disent néanmoins prêtes à discuter de ces sujets avec leurs partenaires
européens.
La résolution du Parlement européen sur le Cameroun
faisait toujours la Une de nombreux journaux camerounais le 24
avril. Depuis l’adoption de cette résolution dénonçant la situation
politique du pays, tout en appelant notamment à la libération de l’opposant Maurice Kamto,
les dénonciations se succèdent à Yaoundé. À tel point que le 22
avril, dans un courrier adressé au secrétariat général des Nations
unies, le représentant de la mission permanente du Cameroun à l’ONU a
rappelé que les autorités de son pays ont « invité le Haut-Commissaire
aux droits de l’homme, ainsi que le Parlement européen, à venir voir la
situation qui prévaut au Cameroun ».
Les tensions remontent au 19 avril dernier, par une
déclaration provenant de la chambre haute du Parlement camerounais. « Le
Sénat de la République du Cameroun dénonce la campagne de dénigrement
orchestrée vis-à-vis de [son] pays, et appelle à la compréhension de ses
partenaires européens, notamment ceux confrontés aux menaces
séparatistes ou aux violences terroristes », indiquait dans un
communiqué Marcel Niat Njifenji, le président de cette institution.
Une déclaration qui résume le credo repris en cœur par la classe
dirigeante du Cameroun, à l’origine d’un tir groupé à l’encontre des
parlementaires européens. Sur le front de la riposte camerounaise, les
plus actifs sont les présidents des deux chambres du Parlement, les
ministres des Relations extérieures et de la Communication, ainsi que le
représentant permanent du Cameroun aux Nations unies. L’action,
visiblement coordonnée, est marquée par une répétition de plusieurs
termes, à l’instar de la « condamnation » de l’acte pris par les députés
européens, suivie d’une invitation au dialogue.
La question anglophone
Les officiels camerounais ont ainsi tenté d’apporter des éclairages
sur les différents points critiqués par les parlementaires européens,
notamment la gestion de la crise anglophone et les arrestations d’opposants politiques, comme celle de Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).
Face aux récriminations de la résolution de l’Union européenne qui
stipule que « des tensions existent entre Francophones et Anglophones »
et que ces derniers subissent « des discriminations », les autorités
camerounaises ont affirmé que des mesures ont été prises par le
président Paul Biya « pour créer un climat d’apaisement et favoriser le
retour au calme » dans les deux régions anglophones. Selon le ministre
de la Communication René Emmanuel Sadi, qui a tenu un point de presse
lundi sur le sujet, « celles-ci ont apporté une réponse aux aspirations
profondes des populations à prendre en main la gestion des affaires
locales ».
Par Jeune Afrique

