
L’ANC, parti au pouvoir, remporte la majorité absolue aux élections législatives et provinciales. 25 Après la fin de l’apartheid, le parti historique de Nelson Mandela conserve donc le pouvoir, mais il enregistre un fort recul. Une baisse qui se fait au profit de l’opposition, mais pas de toute l’opposition. L’Alliance démocratique, principale formation de l’opposition, n’a pas progressé. Ce sont surtout les partis des extrêmes qui sont les gagnants, notamment le parti d’extrême gauche de Julius Malema.
Sur la foi du dépouillement de plus de 95% des 23 000 bureaux de
vote du pays, l'ANC du président Ramaphosa a rallié plus de 9,1 millions
d'électeurs, soit 57,7% des suffrages, et mathématiquement renouvelé sa
majorité absolue à l'Assemblée nationale. En recul de près de cinq
points par rapport au scrutin de 2014, ce résultat est le plus mauvais
jamais réalisé par le parti historique de Nelson Mandela en vingt-cinq
ans de pouvoir.
La démocratie sud-africaine
est en train de se normaliser. Dans toute démocratie, où il y a de la
compétition, c’est très rare de voir un parti obtenir plus de 60% des
voix, cinq élections d’affilé. Donc ces élections deviennent tout
simplement plus compétitives.
Richard Calland, analyste politique à l'université du Cap
En deuxième position arrive l'Alliance démocratique (DA),
principal parti d'opposition, avec un score décevant de 20,6% des voix,
en nette baisse par rapport à celui de 2014 (22,2%). « Nous n'avons pas réussi cette fois-ci », a concédé ce vendredi son leader Mmusi Maimane, qui promet : « que
ce soit en 2021 (aux municipales) ou 2024 (aux législatives), nous
prouverons à ce pays que nous pouvons réunir tous les Sud-Africains
(...) et apporter le changement à cette nation ».
L'EFF de Julius Malema en troisième position
Premier
parti à profiter de la baisse de l’ANC : le parti de gauche radicale de
Julius Malema, les Combattants pour la liberté économique. Selon les
résultats encore provisoires, il gagne de près de 4 points par rapport
aux dernières législatives. Son leader se présente comme le porte-parole
des plus démunis et appelle à l’expropriation des terres - toujours
largement aux mains des Blancs - au profit de la majorité noire.
Le parti a fait campagne avec le slogan « Notre terre et du travail maintenant »
Un slogan populiste qui a séduit les plus pauvres, dans un pays où la pauvreté et les inégalités sont encore criantes 25 ans après la fin de l’apartheid. Un slogan qui a également attiré les plus jeunes qui peinent à trouver du travail. Le chômage est a plus de 27% en Afrique du Sud. Le double chez les jeunes.
Un slogan populiste qui a séduit les plus pauvres, dans un pays où la pauvreté et les inégalités sont encore criantes 25 ans après la fin de l’apartheid. Un slogan qui a également attiré les plus jeunes qui peinent à trouver du travail. Le chômage est a plus de 27% en Afrique du Sud. Le double chez les jeunes.
Cette montée du nationalisme
noire a également provoqué une réaction parmi les plus vulnérables au
sein de la minorité blanche. Une partie des voix de la communauté
Afrikaners – ces Sud-Africains blancs d’origine néerlandaise – se sont
d’ailleurs reportées sur le Front de la liberté ( (VF Plus). Un parti
conservateur blanc, dirigé par Peter Groenevald, qui toujours selon les
résultats provisoires a doublé son score. Le parti d'extrême droit du
Front de la liberté se maintient donc en quatrième position avec 3,21%.

