OTTAWA | La Chine a ignoré en début d’année une demande de
dialogue de Justin Trudeau
dans le but d’éviter une escalade de la
crise diplomatique entre Ottawa et Pékin, ont révélé mercredi les
services du premier ministre canadien.
Le dirigeant libéral a demandé en janvier à s’entretenir au
téléphone avec son homologue Li Keqiang pour «plaider personnellement»
en faveur de la libération immédiate de deux Canadiens arrêtés en
décembre, dont un ancien diplomate, a indiqué une porte-parole du
premier ministre, Chantal Gagnon.
M. Trudeau souhaitait aussi lancer un appel à la clémence pour
l’un des deux autres Canadiens qui ont ensuite été condamnés à mort pour
trafic de drogue, a-t-elle ajouté. «Nous avons aussi directement fait
appel à la clémence auprès de hauts responsables chinois», a-t-elle
précisé.
Ces révélations interviennent alors que de plus en plus de voix
s’élèvent au Canada pour que M. Trudeau accroisse la pression sur la
Chine afin qu’elle relâche l’ancien diplomate Michael Kovrig et le
consultant et homme d’affaires Michael Spavor, tous deux «détenus
arbitrairement», selon Ottawa.
Ils ont été détenus dans la foulée de l’arrestation, le 1er
décembre à Vancouver, d’une dirigeante du géant chinois Huawei, Meng
Wanzhou, à la demande des autorités américaines qui réclament son
extradition.
La Chine soupçonne M. Kovrig, qui travaillait au moment de son
arrestation pour l’institut de recherche International Crisis Group,
d’espionnage. Michael Spavor est suspecté d’avoir transmis illégalement à
M. Kovrig des secrets d’État.
M. Trudeau rétorque que tous deux sont «détenus pour des raisons politiques».
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland,
avait déclaré en mai avoir cherché à s’entretenir avec son homologue
chinois, Wang Yi, mais en vain.
Dans son bras de fer avec Pékin, Ottawa a obtenu le soutien de ses alliés, y compris l’Union européenne, l’Otan et le G7.
Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, a pour sa part été
libérée sous conditions et vit dans l’une de ses propriétés à Vancouver
en attendant le début des audiences sur la demande des États-Unis, le 20
janvier 2020.
Par le Journal de Montréal

