LA MECQUE | L’Arabie saoudite a maintenu samedi la pression sur Téhéran en avertissant
Ce scénario a été évoqué par le roi Salmane à l’ouverture du
sommet islamique à La Mecque. La rencontre a suivi deux autres sommets
vendredi dans la ville sainte pendant lesquels Ryad a reçu un soutien
quasi unanime de ses partenaires arabes contre l’Iran, son grand rival
chiite, accusé de déstabiliser la région.
Le sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui
comprend 57 pays réunissant 1,5 milliard de musulmans, s’est tenu en
l’absence des présidents turc et iranien.
«Il est regrettable de voir le terrorisme frapper notre région une
nouvelle fois», a déclaré le souverain saoudien devant les délégations
du 14e sommet de l’organisation panislamique, qui fête cette année son 50e anniversaire.
«Ce mois-ci, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, ont
fait l’objet d’actes de sabotage terroristes dans les eaux territoriales
des Émirats arabes unis», a-t-il rappelé.
«Il s’agit d’une grave menace à la sécurité de la navigation
internationale et à celle de la région et du monde», a ajouté le roi
Salmane.
Il a également évoqué une attaque de drones menée par les «milices
terroristes soutenues par l’Iran», en référence aux rebelles Houthis du
Yémen, contre des stations de pompage d’un oléoduc saoudien.
«Ces actes terroristes ne visent pas seulement l’Arabie saoudite
et la région du Golfe, mais également la sécurité de la navigation et
l’approvisionnement du marché mondial en pétrole», a encore dit le
souverain saoudien.
Faire face
Dans un tweet peu avant l’ouverture du sommet, le roi Salmane a
affirmé l’intention des pays de l’OCI de «faire face avec fermeté aux
menaces et aux actes de sabotage pour qu’ils ne gênent pas le
développement de nos nations et de nos sociétés».
En réponse aux sommets du club des six monarchies arabes du Golfe
(CCG) et de la Ligue arabe tenus vendredi, l’Iran a accusé l’Arabie
saoudite de «semer la division dans la région».
Le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas
Moussavi, a accusé Ryad de «continuer de semer la division entre les
pays musulmans et dans la région, ce qui est le souhait du régime
sioniste (Israël, NDLR)».
«Nous voyons dans les tentatives de l’Arabie saoudite de mobiliser
les pays voisins et arabes contre l’Iran le prolongement des tentatives
futiles de l’Amérique et du régime sioniste», a-t-il ajouté.
Les sommets de La Mecque organisés à la fin du mois sacré de jeûne
musulman du ramadan surviennent en pleines tensions dans la région
exacerbées par les invectives entre Téhéran et Washington.
Les États-Unis ont en outre envoyé des renforts militaires dans la région, en évoquant des «menaces» iraniennes.
Les relations entre Washington et Téhéran, des ennemis jurés, sont
au plus bas depuis le retrait unilatéral en 2018 de l’administration de
Donald Trump de l’accord international sur le nucléaire iranien.
Washington a ensuite renforcé les sanctions économiques contre
Téhéran et inscrit les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du
régime iranien, sur sa liste noire d’«organisations terroristes».
Le président turc absent
Au sommet islamique, l’Iran a été représenté par une délégation de
bas niveau, composée de représentants du ministère des Affaires
étrangères.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est en froid
avec l’Arabie saoudite en raison du meurtre à Istanbul du journaliste
saoudien Jamal Khashoggi, n’assistait pas au sommet islamique qui s’est
ouvert samedi avant l’aube à La Mecque, a rapporté un journaliste de
l’AFP.
La délégation de la Turquie, un poids lourd de l’Organisation de
la coopération islamique (OCI), à ce sommet était conduite par le
ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.
L’opposant saoudien Jamal Khashoggi, qui collaborait au Washington
Post, a été assassiné en octobre 2018 au consulat de son pays à
Istanbul par des agents venus de Ryad. Son meurtre a suscité un tollé
dans le monde et fortement terni l’image du royaume et de son prince
héritier Mohammed ben Salmane que des responsables turcs et américains
ont désigné comme responsable.
Les autorités saoudiennes ont nié que le prince Mohammed, surnommé
MBS, ait été impliqué dans le meurtre, attribué par Ryad à des éléments
«incontrôlés» du régime.
Par Le Journal de Montréal

