La Cour suprême sud-coréenne a ordonné jeudi que soient rejugés Mme Park
et Lee Jae-yong, tous
deux impliqués dans un retentissant scandale de
corruption.
La Cour suprême sud-coréenne a cassé,
jeudi 29 août, la condamnation de l’ex-présidente Park Geun-hye et de
l’héritier de l’empire Samsung Lee Jae-yong dans un retentissant
scandale de corruption, et ordonné qu’ils soient rejugés.
Arrivée au pouvoir en 2013, Mme Park avait été destituée en 2017 dans la foulée de cette affaire qui lui avait valu d’être condamnée en appel à vingt-cinq années de prison, notamment pour corruption et abus de pouvoir.
Elle
avait été reconnue coupable en avril 2018 d’avoir reçu ou demandé plus
de 20 millions de dollars (18 millions d’euros) de conglomérats
sud-coréens, d’avoir partagé des documents classés secrets, d’avoir mis
sur une « liste noire » des artistes critiques de sa politique ou encore d’avoir limogé des responsables qui s’opposaient à ses abus de pouvoir.
La
Cour suprême a cependant estimé jeudi qu’une décision séparée aurait dû
être rendue dans le volet corruption de cette tentaculaire affaire. « Nous renvoyons l’affaire devant la Haute Cour de Séoul », a déclaré le président de la Cour Kim Myeong-su.
Des
médias sud-coréens relèvent que cette décision pourrait ne pas être une
bonne nouvelle pour l’ancienne présidente, qui pourrait, in fine,
écoper d’une peine plus longue si elle était reconnue coupable dans deux
procès distincts.
Accointances troubles
Première femme élue présidente en Corée du Sud, Mme Park, 67 ans, avait été arrêtée en mars 2017 pour
toute une série d’accusations qui avaient mis en lumière les
accointances troubles entre le pouvoir politique et les grands
conglomérats familiaux sud-coréens, et notamment Samsung.
Dans
une des ramifications de cette affaire, le vice-président de Samsung
Electronics et fils du président du groupe Samsung, Lee Jae-yong,
héritier du conglomérat, avait été condamné en première instance à cinq
ans de prison, avant que sa sanction ne soit ramenée en appel à une peine d’emprisonnement avec sursis.
La
cour d’appel a cependant cassé cette décision jeudi et ordonné
également un nouveau procès pour celui qui est de facto le patron du
premier fabricant mondial de smartphones et de puces mémoire. Ce
jugement est un revers pour le groupe qui est de loin le plus grand de
tous les conglomérats familiaux qui dominent la 11e économie mondiale.
En
première instance, M. Lee avait été reconnu coupable de plusieurs
infractions, notamment corruption, abus de bien sociaux ou encore
parjure devant la représentation nationale. L’affaire tournait autour
des paiements faits par Samsung à la confidente de l’ombre de Mme Park, Choi Soon-sil, dont le parquet soutenait qu’ils visaient à acheter des faveurs politiques.
La
chute de la présidente conservatrice, consécutive à des manifestations
monstres dans tout le pays, avait permis l’alternance et l’élection de
Moon Jae-in (centre gauche), qui a contribué en 2018 au spectaculaire
rapprochement entre les deux Corées.
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