Le président
des Etats-Unis veut tourner la page d’une « guerre sans fin » tout en
maintenant « une
présence » dans le pays.
« On va réduire nos effectifs à 8 600 et ensuite on verra à partir de là », a annoncé Donald Trump lors d’une interview donnée à la radio Fox News, jeudi 29 août. « Nous allons toujours avoir une présence »
en Afghanistan après la signature de l’accord actuellement négocié avec
les talibans pour tenter de mettre fin à dix-huit ans de guerre dans le
pays.
Entre 13 000 et
14 000 militaires américains sont actuellement déployés dans ce pays où
les Etats-Unis sont intervenus en 2001 pour traquer le réseau djihadiste
Al-Qaida, responsable des attentats du 11-Septembre, et déloger les
talibans alors au pouvoir à Kaboul. Depuis, les talibans n’ont jamais
cessé leur insurrection et les forces américaines ont mobilisé jusqu’à
98 000 soldats au plus fort des combats, en 2011. Le milliardaire
républicain a cependant assuré qu’en cas de nouvelle attaque contre les
Etats-Unis ourdie depuis l’Afghanistan, Washington reviendrait « avec une force » plus importante « que jamais auparavant ».
Tourner la page d’une « guerre sans fin »
Donald Trump s’est engagé à tourner la page de cette « guerre sans fin ».
Les Etats-Unis mènent depuis un an des négociations directes inédites
avec les talibans, qui sont entrées dans leur dernière ligne droite à
Doha, au Qatar. Au cœur de l’accord négocié, un retrait militaire plus
ou moins important des Américains, avec un calendrier à la clef, en
échange de l’engagement des insurgés à faire en sorte que les
territoires qu’ils contrôlent ne soient plus utilisés par Al-Qaida ou
d’autres groupes « terroristes ».
Des
négociations de paix interafghanes doivent aussi s’ouvrir dans la
foulée d’un éventuel accord entre Washington et les talibans. Le
président américain a insisté sur le fait que le retrait ne serait pas
total, avec le maintien d’une force capable de fournir « des renseignements de haut niveau ».
Les talibans affirment être « proches d’un accord »
Les talibans ont affirmé mercredi être « proches d’un accord » avec les Etats-Unis. Un responsable du département d’Etat américain a aussi fait état de « progrès », sans toutefois être en mesure de prédire quand les « questions en suspens »
seraient résolues. Le négociateur américain, Zalmay Khalilzad, devrait
quitter Doha pour se rendre à Kaboul et présenter aux dirigeants afghans
le contenu de l’accord, mais ce déplacement, dont il est question
depuis quelques jours, semble avoir été repoussé.
Les
détails de l’accord seront cruciaux aux yeux de ceux, dans la classe
politique américaine et parmi les observateurs, qui redoutent que Donald
Trump conclue un « mauvais accord » afin de hâter le départ des troupes avant de briguer un second mandat à la Maison Blanche en novembre 2020. « Tout accord, s’il est conclu, fera l’objet d’une vérification rigoureuse », a réagi jeudi un porte-parole du département d’Etat américain. « L’accord auquel nous travaillons n’est pas fondé sur la confiance », a-t-il précisé.

