![Le Premier ministre britannique Boris Johnson le 30 août 2019 au 10 Downing street à Londres. [Jeremy Selwyn / POOL/AFP] Le Premier ministre britannique Boris Johnson le 30 août 2019 au 10 Downing street à Londres [Jeremy Selwyn / POOL/AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_640_360/public/4aea83f136300514f6beec75d693ebf07fe2d04d.jpg?itok=WQUh5wGX)
Le Premier ministre britannique Boris
Johnson a menacé d'exclusion les députés de son camp
conservateur qui
tenteraient de bloquer une sortie sans accord de l'Union européenne,
durcissant le ton à la veille d'une rentrée parlementaire qui s'annonce
mouvementée.
Les députés reprennent mardi le chemin de la Chambre des
Communes, où ils ne siègeront que quelques jours avant une suspension du
Parlement la semaine suivante et jusqu'au 14 octobre, à deux semaines
seulement du Brexit, le 31 octobre.
Cette suspension, annoncée la semaine dernière par Boris Johnson
et qui doit lui permettre de présenter un nouveau programme de
politique intérieure, a provoqué un flot d'indignation de la part des
opposants à un «no deal» qui y voient une tentative de les bâillonner.
Ces derniers essaieront de légiférer en urgence pour empêcher une sortie de l'UE sans filet.
Pour dissuader les conservateurs tentés de voter avec
l'opposition, Boris Johnson a prévenu que ceux-ci seraient expulsés du
parti, une menace à la Une de plusieurs quotidiens lundi.
«Le Premier ministre prévient les députés rebelles : 'Soutenez moi ou
prenez la porte'», titrait ainsi le quotidien conservateur The Daily
Telegraph. Le quotidien de gauche The Guardian notait que «Johnson est
prêt à sacrifier sa majorité» au Parlement, qui ne tient qu'à une voix,
avec le soutien du petit parti unioniste nord-irlandais DUP.
Cette menace alimentait les spéculations sur l'imminence d'élections législatives anticipées.
«Je pense que leur stratégie est de perdre cette semaine puis de
convoquer des élections législatives en ayant éliminé ceux d'entre nous
qui ne sont pas contre le Brexit, pas contre un départ de l'Union
européenne, mais qui considèrent que nous devrions partir avec un
accord», a déclaré lundi matin à la BBC l'ancien ministre de la Justice
David Gauke, l'un des conservateurs anti «no deal».
L'ancien ministre des Finances Philip Hammond, favorable au maintien
de liens étroits avec l'UE après le Brexit, a quant à lui jugé sur
Twitter «hypocrite» de punir les rebelles, soulignant que huit membres
du gouvernement actuel avaient défié cette année les consignes du parti.
Au bord du «précipice»
Preuve que les tensions sont à leur comble, une réunion prévue lundi
entre M. Johnson et les rebelles Tories a été annulée à la dernière
minute.
De son côté, le chef du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy
Corbyn, réunit lundi son cabinet fantôme à Salford (nord-ouest).
«Nous travaillons avec d'autres partis pour faire tout ce qui est
nécessaire pour éloigner notre pays du précipice», devait déclarer M.
Corbyn selon un extrait de son discours transmis par ses services. Parmi
les mesures envisagées, l'opposition travailliste envisage une motion
de censure contre le gouvernement.
Arrivé au pouvoir fin juillet, Boris Johnson a promis de faire sortir
le Royaume-Uni du bloc européen coûte que coûte le 31 octobre, qu'un
compromis ait ou non été trouvé avec Bruxelles, afin de respecter la
volonté des Britanniques qui ont choisi le Brexit à 52% lors d'un
référendum en 2016.
Affichant sa détermination, le gouvernement a lancé ce weekend une
vaste campagne d'information incitant les entreprises et les
particuliers à «se préparer pour le Brexit».
![Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, le 19 mars 2019 à Bruxelles [EMMANUEL DUNAND / AFP/Archives]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_630/public/5fb2e5356b8aa564d651fe510e24e64358bce606.jpg)
Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel
Barnier, le 19 mars 2019 à Bruxelles [EMMANUEL DUNAND / AFP/Archives]
Pour le gouvernement, faire preuve de fermeté sur la date de sortie
est la meilleure façon d'obtenir un accord avec l'UE. Toutefois, le
négociateur de l'UE, Michel Barnier, a de nouveau exclu dimanche de
renégocier l'accord de divorce avec le Royaume-Uni.
Boris Johnson souhaite délester ce texte conclu par l'ex-cheffe de
gouvernement Theresa May avec l'UE, et rejeté trois fois par le
Parlement britannique, du filet de sécurité irlandais (ou «backstop»)
visant à empêcher le retour à une frontière physique entre la province
britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande. Cette
disposition prévoit que faute de meilleure solution à l'issue d'une
période transitoire, le Royaume-Uni tout entier reste dans une «union
douanière» avec l'UE.
Mais selon le Guardian, le gouvernement n'a pas d'alternative pratique au «backstop».
Outre le Parlement, la bataille contre le «no deal» se jouera aussi cette semaine dans les tribunaux.
Mardi, la plus haute instance civile d'Ecosse étudiera une demande de
députés pro-européens de contrer la suspension. Une action en justice
intentée par la militante anti-Brexit Gina Miller, à laquelle s'est
joint l'ex-Premier ministre conservateur John Major, sera elle examinée
jeudi à Londres.
Des manifestations sont aussi prévues après que des milliers de
Britanniques ont protesté samedi contre le «coup d'Etat» de Boris
Johnson.
Par
AFP avec CNEWS

