Le "calife" de l'organisation terroriste a déclenché sa ceinture
d'explosifs alors qu'il s'est
retrouvé piégé lors d'un raid américain
dans le nord de la Syrie dimanche.
L'homme le plus recherché au monde est mort: Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'organisation terroriste État islamique (EI), a été tué dimanche dans un raid américain mené dans le nord de la Syrie.
Donald
Trump a fait lui-même l'annonce, ne mâchant pas ses mots: "Il est mort
comme un chien", en se faisant exploser, a souligné le président
américain. Le calife autoproclamé était recherché depuis des années,
mais l'annonce de sa mort a été accueillie avec prudence par les
Européens.
Comment s'est déroulée l'opération ?
Abou
Bakr al-Baghdadi est mort dimanche lors d'un raid américain mené dans
la région d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie, au cours duquel il a
déclenché une ceinture d'explosifs. Le président américain a annoncé sa
mort lors d'une allocution depuis la Maison Blanche, livrant un récit
détaillé du raid. "Il n'est pas mort comme un héros, il est mort comme
un lâche", "comme un chien", a martelé Donald Trump,
Lors du raid,
Abou Bakr Al-Baghdadi a "couru dans un tunnel sans issue, gémissant,
pleurant et criant", a affirmé le président républicain, qui a suivi en
temps réel toute l'opération depuis la "Situation Room" de la Maison
Blanche grâce à des caméras embarquées sur les forces spéciales. C'est
dans ce tunnel, creusé pour sa protection, que le calife de l'EI s'est
donc tué. Trois de ses enfants sont morts avec lui, a ajouté Donald
Trump.
L'observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a
confirmé une opération "des forces américaines en coopération avec les
Forces démocratiques syriennes", les commandos américains ayant été
héliportés et débarqués dans la nuit. Les tirs de huit hélicoptères ont
visé après minuit une maison et une voiture aux abords du village de
Baricha, à quelques kilomètres de la frontière turque, a précisé le
directeur de l'OSDH. L'opération aurait duré trois heures.
Au
moins neuf personnes ont été tuées au cours de ce raid, dont deux femmes
et un enfant, selon l'OSDH. Donald Trump a précisé de son côté qu'aucun
soldat américain n'avait été tué dans l'opération mais qu'elle avait
fait "un grand nombre" de morts dans les rangs des partisans de
Baghdadi.
Qui était le "calife" de Daech?
Homme le plus recherché du monde et toujours tapi dans l'ombre, Abou Bakr al-Baghdadi - de son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri
- s'était autoproclamé "calife" de l'EI en juillet 2014, depuis
Mossoul. Cet Irakien, né en 1971, a un temps présidé aux destinées de 7
millions de personnes en Irak et en Syrie, et était considéré comme
responsable de multiples exactions et atrocités dans les deux pays et
d'attentats sanglants dans le monde entier.
Le "califat" territorial de l'EI a été déclaré défait par les Américains en mars
dans son dernier réduit en Syrie, à Baghouz. En septembre, Abou Bakr
al-Baghdadi avait appelé dans un rare enregistrement audio ses partisans
à "sauver" les djihadistes détenus dans les prisons et leurs familles
vivant dans des camps de déplacés notamment en Syrie et en Irak.
Dans une interview à L'Express,
le chercheur et consultant sur les questions islamiques Romain Caillet
explique que "l'EI a peut-être préparé un scénario pour la suite. Mais
celui-ci doit faire sens pour la communauté djihadiste qui se revendique
du califat". Le successeur d'Abou Bakr al-Baghdadi, qui était
théologien et lui-même combattant, devra notamment "posséder une
expérience de la guerre et des connaissances religieuses".
Sa mort signifie-t-elle la fin de l'EI?
Le
secrétaire de la Défense américaine Mark Esper a indiqué avoir eu la
confirmation visuelle et ADN de l'identité d'Abou Bakr al-Baghdadi après
sa mort. Pourtant, la communauté internationale a mis en doute cette annonce alors que la mort du chef de l'EI a été déclarée plusieurs fois ces dernières années.
Le
porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, a
notamment minimisé cette "énième mort" du chef djihadiste, qui, selon
lui, "n'a aucune signification opérationnelle pour la situation en
Syrie".
Au-delà, dirigeants et responsables étrangers, dont
plusieurs ont félicité les États-Unis, ont souligné que la disparition
d'Abou Bakr al-Baghdadi n'annonce pas la fin de l'EI. "La mort
d'al-Baghdadi est un coup dur porté contre Daech, mais ce n'est qu'une
étape. Le combat continue", a déclaré Emmanuel Macron, affirmant que la
défaite définitive de l'EI restait une "priorité" de Paris.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a pour sa part appelé à une "vigilance accrue"
des forces de l'ordre dans l'Hexagone, alors que "la propagande
djihadiste" pourrait s'intensifier dans les jours prochains et notamment
appeler à "des actes de vengeance".
Par lexpress.fr

