
Le président des Etats-Unis a annoncé la mort du chef de l'EI lors d'une opération américaine dans le nord-ouest de la Syrie. Il s'est suicidé avec une veste explosive.
Le chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi,
est mort au cours d'une opération militaire des États-Unis dans le
nord-ouest de la Syrie, a déclaré le président américain Donald Trump ce
dimanche dans un discours télévisé.
Le
chef du groupe djihadiste s'était réfugié dans un tunnel creusé pour sa
protection avec trois de ses enfants. "Il a déclenché sa veste
(d'explosifs), se tuant ainsi que les trois enfants", a dit Donald
Trump. Il est mort "comme un chien, il n'est pas mort comme un héros, il
est mort comme un lâche", a souhaité décrire le chef de l'Etat
américain.
"Son corps a été mutilé par l'explosion. Le voyou qui
a tellement voulu intimider les autres a passé ses derniers moments
dans une véritable peur, en totale panique et dans l'effroi, terrifié
par les forces américaines qui fondaient sur lui. Il est mort après
avoir couru dans un tunnel sans issue, gémissant, pleurant et criant",
a-t-il encore relaté.
Trump remercie la Russie, la Turquie, la Syrie, l'Irak et les Kurdes
"Les
Etats-Unis l'ont pourchassé pendant des années, il était notre priorité
nationale, a expliqué Donald Trump. Aucun personnel (américain) n'a été
perdu dans l'opération. Tandis qu'un grand nombre de combattants et de
compagnons de Baghdadi ont été tués avec lui." Le président américain a
également remercié la Russie, la Turquie, la Syrie, l'Irak et les Kurdes
pour leur coopération.
L'Irak, notamment, affirme avoir fourni la
localisation de Baghdadi pour le raid américain. "En préalable à
l'opération américaine dans la province d'Idleb en Syrie la nuit
dernière, des échanges d'informations et une coordination ont eu lieu
entre les autorités militaires des deux pays", a affirmé dans un tweet
le ministère turc de la Défense.
Abou Bakr al-Baghdadi a trouvé
la mort près d'un village quasi-inconnu du nord-ouest de la Syrie :
Baricha. Cette commune se situe à moins de cinq kilomètres de la
Turquie, près du secteur de Bab al-Hawa où se trouve un des principaux
postes-frontières entre les deux pays. La maison prise pour cible durant
la nuit de samedi à dimanche par un raid des forces spéciales
américaines est située à la périphérie de ce village entouré de champs
d'oliviers.
Cette zone montagneuse se trouve à 25 kilomètres au
nord de la ville d'Idleb, chef-lieu de la province du même nom. Le
village de Baricha accueille une population appauvrie de 7000 habitants,
qui dépendent essentiellement des distributions d'aides humanitaires, a
rapporté en janvier une télévision locale dans un reportage consacré au
village. La région de Baricha est formellement sous le contrôle de
Hayat Tahrir al-Cham, coalition djihadiste formée par l'ex-branche
syrienne d'al-Qaïda et qui domine la vaste majorité de la province
d'Idleb.
"Un coup dur porté contre Daech" selon Macron
La
mort du chef du groupe État islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi est
"un coup dur porté contre Daech, mais ce n'est qu'une étape", a estimé
ce dimanche sur Twitter Emmanuel Macron, pour qui la défaite définitive
de l'EI est "la priorité" de la France.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, la ministre française
de la Défense Florence Parly avait adressé ses félicitations à "nos
alliés américains pour cette opération" et indiqué poursuivre "le combat
sans relâche contre Daech, avec nos partenaires, en nous adaptant aux
nouvelles circonstances régionales".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors
d'une visite dans une base militaire israélienne, a déclaré : "Je veux
féliciter le président Trump pour cet accomplissement impressionnant
ayant mené à la mort du chef de l'EI, al-Baghdadi. Cette réussite est
une étape importante, mais la bataille continue." Son homologue
britannique Boris Johnson a lui écrit que la guerre contre l'EI n'était
"pas encore terminée".
Le criminel le plus recherché au monde
Peu avant cette annonce, Donald Trump avait publié un message sybillin sur Twitter.
"Quelque chose d'énorme vient de se passer !", avait-il écrit. Cette
opération militaire américaine est la plus importante visant un haut
responsable djihadiste depuis la mort, le 2 mai 2011, d'Oussama Ben
Laden, le chef d'Al-Qaïda tué par les forces spéciales américaines à
Abbottabad au Pakistan.
Al-Baghdadi, homme le plus recherché du monde, considéré
comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en
Syrie et d'attentats sanglants dans plusieurs pays, avait été plusieurs
fois annoncé mort ces dernières années.
Ce
développement intervient dans une période d'intense activité militaire
dans le nord de la Syrie. Le régime syrien et son allié russe ont
accéléré le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque,
tandis que les Américains annonçaient l'envoi de renforts militaires
dans une zone pétrolière plus à l'est sous contrôle kurde.
Unique apparition publique en 2014
Abou Bakr al-Baghdadi n'avait plus donné signe de vie
depuis un enregistrement audio diffusé en novembre 2016, après le début
de l'offensive irakienne pour reprendre Mossoul dans lequel il
exhortait ses hommes à lutter jusqu'au martyre. C'est à Mossoul que le
chef de l'EI a fait sa seule apparition publique connue, en juillet
2014, à la mosquée al-Nouri.
En turban et habit noirs, barbe
grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter
allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son
groupe sur les vastes territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.
Il crée un groupe djihadiste lors de l'invasion américaine en Irak
De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri,
le chef de l'EI serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région
de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat puis
militaire avant d'étudier la théologie. C'est lors de l'invasion
américaine de l'Irak en 2003 qu'il créé un groupuscule djihadiste sans
grand rayonnement avant d'être arrêté et emprisonné dans la gigantesque
prison de Bucca.
Libéré
faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle
d'Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du
chaos de la guerre civile, ses combattants s'installent en Syrie en 2013
avant une offensive fulgurante en Irak. Le groupe, rebaptisé Etat
islamique, supplante Al-Qaïda, tandis que ses succès militaires initiaux
et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de
partisans du monde entier.
Par lexpress.fr

