Mauvais anniversaire pour Benyamin Nétanyahou. Le premier ministre
israélien a annoncé lundi soir,
le jour de ses 70 ans, qu’il renonçait à
tenter de former un gouvernement. C’est la deuxième fois en moins de
six mois que le «magicien» de la politique israélienne au pouvoir depuis
une décennie rate un de ses tours. Il n’est pas parvenu comme au
printemps dernier à trouver une coalition au Parlement. Sa faillite prolonge la crise institutionnelle dans laquelle est plongé le pays.
Le président Reuven Rivlin devrait conférer le mandat à l’ex-chef
d’état-major de l’armée, Benny Gantz, mais ce dernier n’est pas mieux
placé que «Bibi» pour trouver une majorité. En cas d’échec, de nouvelles
élections législatives, les troisièmes en un an, devraient être
organisées en mars 2020.
Avigdor Lieberman, le «faiseur de roi»
Sur
le papier, les chances de Benny Gantz de former une coalition sont
minces. 54 députés l’ont approuvé le mois dernier en tant que Premier
ministre, soit sept de moins qu’une majorité de la Knesset. Et sur ces
54, 10 sont membres de la liste commune de l’alliance arabe, qui lui
apporterait un soutien sans participation. Quant au «faiseur de roi»
Avigdor Lieberman, le chef du parti de droite russophone Israel
Beytenou, il ne semble pas décidé à entrer dans une alliance de
centre-gauche liée à des représentants de la minorité arabe. Benyamin
Nétanyahou pourrait ainsi rester à la tête d’un gouvernement provisoire
alors que son inculpation dans plusieurs affaires de corruption présumée
devrait intervenir au cours des prochaines semaines. Une décision
judiciaire qui va encore fragiliser un peu plus un premier ministre sur
le déclin.
Dans la vidéo qu’il a postée sur les réseaux sociaux
pour annoncer son renoncement, Benyamin Nétanyahou fustige Benny Gantz.
Il lui reproche d’avoir refusé de participer à gouvernement d’unité
nationale alors que l’Etat hébreu a besoin d’un pouvoir opérationnel
pour faire face à «la menace iranienne». «J’ai travaillé sans relâche...
pour établir un vaste gouvernement d’unité nationale. C’est ce que les
gens veulent» plaide-t-il. Il fait valoir ses efforts pour «amener Gantz
à la table des négociations... et empêcher une autre élection».
Le
leader de l’opposition, Benny Gantz, va disposer de 28 jours pour
tenter de former une coalition libérale sans les partis religieux, l’un
des points d’achoppement des discussions avec le Likoud, le parti de
Benyamin Nétanyahou qui est soutenu par les partis ultra-orthodoxes
ainsi que par le mouvement d’extrême droite Yamina.
Thierry Oberlé
Par Le figaro.fr

