La chef de l’exécutif, Carrie Lam, et le chef de la police, Stephen Lo,
ont effectué une brève visite à
la mosquée et présenté leurs excuses,
qui ont été acceptées.
Les week-ends de manifestation se
succèdent à Hongkong. Dimanche 20 octobre, le territoire a connu une
nouvelle journée de violences, pour le vingtième week-end consécutif.
Des dizaines de milliers de Hongkongais sont descendus dans les rues
après les violentes agressions dont ont été victimes cette semaine deux
militants prodémocratie.
Invoquant
des raisons de sécurité, après les violents affrontements entre les
forces de l’ordre et la frange la plus radicale des manifestants, les
autorités avaient interdit le rassemblement organisé à Tsim Sha Tsui,
quartier connu pour ses boutiques de luxe et ses hôtels.
Liquide bleu pour identifier les manifestants
Selon
un scénario désormais classique, la marche s’est déroulée de manière
pacifique, jusqu’à ce que des petits groupes de manifestants radicaux,
vêtus de noir, jettent des cocktails Molotov sur un poste de police, des
stations de métro et des banques chinoises. La police a alors répliqué
avec des tirs de gaz lacrymogène.
Elle a aussi fait usage d’un dispositif utilisé pour la première fois à la fin du mois d’août, rapporte le site Hong Kong Free Press et le quotidien de Hongkong, le South China Morning Post : un canon projetant un liquide teinté d’un pigment bleu indélébile.
Ce
matériel de maintien de l’ordre projette de l’eau mélangée à une
solution poivrée brûlant la peau. Outre sa capacité à disperser les
foules comme un canon à eau classique, il permet à la police
d’identifier les manifestants qui ont pris part au rassemblement, un procédé dénoncé au mois d’août par l’organisation Amnesty International.
Dimanche, la police s’en est notamment servi dans une des artères les
plus commerçantes de Hongkong, Nathan Road, où se trouvaient des
milliers de manifestants.
Excuses
Des
images montrent aussi un canon à eau arrosant un groupe de personnes se
trouvant devant la mosquée de Kwolon, et qui affirment ne pas avoir
pris part aux manifestations. Une partie de l’édifice religieux – les
marches et l’entrée – s’est également retrouvée teinte en bleu, choquant
les fidèles.
Des vidéos montrent un camion de la police se garant à l’extérieur de
l’édifice au moment d’affrontements entre manifestants et forces de
l’ordre. Après avoir marqué un arrêt, l’engin se met à pulvériser un
liquide bleu en direction d’une demi-douzaine de journalistes et de
personnes regroupés dans la rue, à l’extérieur de la mosquée. Le groupe
est visé à deux reprises.
Dans un premier temps, la police n’a pas présenté ses excuses, estimant
que l’arrosage de l’édifice était un accident. Mais lundi, Carrie Lam,
la chef de l’exécutif hongkongais, s’est rendue dans ce lieu de culte
datant de la fin du XIXe siècle accompagnée du chef de la
police, Stephen Lo. Des représentants de la mosquée ont indiqué que ces
deux responsables avaient présenté leurs excuses et qu’ils les avaient
acceptées.
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