
Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est de la Libye opposé au
gouvernement de Tripoli
reconnu par l'ONU, poursuit vendredi ses
entretiens à Athènes, deux jours avant la conférence de paix de Berlin à
laquelle il s'est dit prêt à participer.
Arrivé jeudi soir à Athènes, le maréchal Haftar poursuivait ses
entretiens en Grèce, vendredi 17 janvier, à deux jours d'une conférence à
Berlin à laquelle il s'est dit prêt à participer et qui vise à lancer
un processus de paix en Libye sous l'égide de l'ONU.
L'homme fort
de l'Est libyen doit s'entretenir vendredi avec le ministre grec des
Affaires étrangères, Nikos Dendias, après l'avoir rencontré une première
fois à son arrivée dans un hôtel de la capitale. Il doit ensuite
être reçu un peu plus tard par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis,
ont indiqué des sources proches des discussions.
La Libye, qui
dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole, est minée
par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute et la mort en
2011 du dictateur Mouammar Kadhafi.
Les forces du maréchal Haftar
ont lancé en avril 2019 une offensive pour tenter de s'emparer de
Tripoli. Plus de 280 civils ont été tués depuis, de même que plus de 2
000 combattants, selon l'ONU. Quelque 146 000 Libyens ont dû fuir les
combats. Une cessation des hostilités, globalement respectée, est en
vigueur depuis le 12 janvier.
Athènes opposée aux accords entre la Libye et la Turquie
Hôte
des discussions du jour, Athènes s'oppose aux accords conclus le 27
novembre par le chef du Gouvernement d'union nationale (GNA) Fayez
al-Sarraj et le président turc Recep Tayyip Erdogan, principal soutien
du GNA face au maréchal Haftar.
Ces accords permettent à la
Turquie de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée
orientale. Le président turc a déclaré jeudi que son pays allait
commencer "dès que possible" à faire des forages dans ces zones
contestées riches en hydrocarbures.
Dans un communiqué commun
publié il y a une semaine, Chypre, l'Égypte, la France et la Grèce ont
jugé ces accords "nuls et non avenus".
Athènes a cherché à
renforcer ses liens avec le maréchal Haftar, que le ministre grec des
Affaires étrangères a rencontré le mois dernier dans son fief de
Benghazi, dans l'est de la Libye.
"L'impératif est la poursuite du cessez-le-feu" en Libye
Le
Premier ministre grec Mitsotakis a averti jeudi que la Grèce mettrait
son veto au sein de l'Union européenne à tout accord de paix en Libye si
les accords Ankara-Tripoli ne sont pas annulés. Il a aussi déclaré
qu'exclure la Grèce de la conférence de Berlin était "une erreur".
Ankara soutient militairement le gouvernement de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU et qui siège à Tripoli. Recep Tayyip Erdogan a annoncé l'envoi de troupes en Libye
pour aider le GNA à repousser les assauts des forces du maréchal Haftar
– soutenu par les Émirats arabes unis et l'Égypte, deux adversaires de
la Turquie.
Fayez al-Sarraj a confirmé jeudi, via son service de
presse à Tripoli, qu'il participerait à la conférence internationale qui
se tient dimanche à Berlin.
Le maréchal Haftar a par ailleurs
reçu à Benghazi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko
Maas. Il "a promis de respecter le cessez-le-feu" et a "clairement
indiqué vouloir contribuer au succès de la conférence de Berlin et être
prêt sur le principe à y participer", a déclaré après l'entretien le
ministre allemand sur Twitter.
Le maréchal Haftar avait quitté dimanche Moscou sans signer l'accord de cessez-le-feu, après des discussions organisées sous l'égide de la Russie et de la Turquie.
Plusieurs pays seront représentés à Berlin, dont la Russie, la Turquie, les États-Unis, la Chine, l'Italie et la France.
Le
département d'État américain a indiqué que Mike Pompeo assisterait à la
conférence de Berlin. Le secrétaire d'État devrait exhorter les forces
étrangères à se retirer de Libye et réclamer une reprise du processus de
paix sous l'égide de l'ONU, a déclaré jeudi un responsable américain.
"L'impératif est la poursuite du cessez-le-feu", a précisé ce
responsable sous le couvert de l'anonymat.
France 24 Avec AFP

