
Aux États-Unis, derrière la crise sanitaire, se profile déjà la crise
immobilière. Dans un pays où la
protection sociale et l’épargne sont
très faibles, des millions d’Américains licenciés en raison du
coronavirus se retrouvent en grande précarité et risquent de ne plus
pouvoir payer leur loyer, faisant craindre des expulsions en série comme
lors de la crise des subprimes en 2008.
Avec notre correspondant à San Francisco, Éric de Salve
C’est
l’un des premiers signes tangibles de la crise économique due au
coronavirus dans une première puissance mondiale quasiment dépourvu de
filet de sécurité sociaux. Au 1er avril, parmi les 3,2 millions d’Américains licenciés
du jour au lendemain en raison du coronavirus, beaucoup ne peuvent déjà
plus payer leur loyer. D’autant que beaucoup ont été licenciés
brutalement avec peu et parfois pas d’indemnités.
Car avant les
premières mesures de confinement, en moyenne 40% des Américains avaient
moins de 400 dollars sur leur compte. Or, aux Etats Unis, les indemnités
chômages sont extrêmement faibles et le chèque de 1 200 dollars promis
par le gigantesque plan d’urgence voté par le Congrès ne devraient pas être versés avant mi-avril.
Conséquences économiques en cascade
Résultat : selon les estimations du New York Times, à New York,
ville la plus durement frappée du pays par le coronavirus, 40% des
locataires risquent de ne pas pouvoir payer leur loyer ce mois-ci. Avec
des conséquences économiques en cascade face aux impayés, de nombreux
propriétaires se retrouvent dans l’incapacité de rembourser leurs prêts.
Et
à New York comme à Seattle, Los Angeles et San Francisco, des appels à
la grève des loyers fleurissent sur les murs et les réseaux sociaux.
Alors pour limiter l’impact de cette crise immobilière qui menace déjà,
plusieurs gouverneurs ont décrété dans l’urgence un moratoire des
expulsions locatives : 90 jours de sursis dans l’État de New York, 60
jours en Californie.
Par
RFI

