
Durée de prolongation du confinement, port du
masque, traçage numérique, relance de l'économie
pour « le jour
d'après », Emmanuel Macron, qui s'exprimera lundi 13 avril au soir, doit
trancher des sujets difficiles, face à une épidémie de coronavirus aux
conséquences de plus en plus lourdes.
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Seule certitude : le confinement sera « prolongé » au-delà
du 15 avril, a annoncé l'Elysée, sans toutefois préciser jusqu'à quand.
Le chef de l'Etat pourrait aborder la question dans son allocution du
lundi de Pâques, sa quatrième depuis le 12 mars.
Emmanuel Macron
prendra ainsi le relais du Premier ministre Edouard Philippe, qui s'est
chargé des principales annonces ces deux dernières semaines, notamment
celle d'un premier prolongement du confinement débuté le 17 mars. Après
s'être avancé à évoquer la préparation du déconfinement la semaine
dernière, Edouard Philippe est revenu au présent pour préparer les Français à une crise longue. Comme la veille devant l'Assemblée, il a souligné mercredi devant le Sénat que le confinement était appelé « de toute évidence à durer quelques temps encore ».
A
l'approche du week-end de Pâques et en ce début de vacances pour
certains, les autorités craignent un relâchement alors que le bilan
dépasse désormais les 10 000 morts dans le pays, même si le nombre
d'admissions en réanimation ralentit fortement.
Plusieurs décisions ne sont pas arrêtées
Critiqué pour un déplacement qui a suscité un attroupement de plusieurs dizaines de personnes autour de lui à Pantin,
Emmanuel Macron est aussi attendu sur les polémiques qui n'ont cessé de
prendre de l'ampleur, en particulier sur la nécessité ou non du port généralisé du masque.
Il ne devrait cependant pas à ce stade le conseiller à toute la
population, a laissé entendre mercredi la porte-parole du gouvernement
Sibeth Ndiaye.
D'ici lundi, Emmanuel Macron a prévu de consulter « un grand nombre d'acteurs publics et privés, français européens et internationaux » afin « de préparer les décisions qui seront annoncées lundi »,
selon l'Elysée. Mercredi, il a ainsi consulté les experts de
l'Organisation mondiale de la Santé, certains de ses partenaires
européens, son Conseil scientifique et des élus de terrains, sur des
éléments-clés comme les masques, les vaccins, les tests et la stratégie
de sortie du confinement.
Le gouvernement semble hésiter sur l'installation d'une application de traçage des malades appelée StopCovid,
une piste dévoilée mercredi par le ministre de la Santé Olivier Véran
et le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O, mais qui est critiquée
jusqu'au sein des députés de La République en marche.
Retrouver la confiance des Français
Sur
les mesures de soutien à l'économie, les choix de l'exécutif semblent
plus clairs. Le ministre Bruno Le Maire a assuré que le paiement du
chômage partiel, utilisé par un quart des salariés et qui coûtera des
dizaines de milliards d'euros, sera « maintenu le temps que durera cette crise sanitaire et économique ». « Nous
avons fait un choix qui est de préserver les compétences, les salariés
plutôt que d'avoir comme aux États-Unis, des millions de chômeurs
supplémentaires », afin de faciliter le redémarrage, a-t-il justifié.
Pour
Emmanuel Macron comme pour le gouvernement, le défi est de retrouver la
confiance des Français sur la gestion de crise, qui a sensiblement
reculé ces deux dernières semaines. Un sondage Label a cependant montré
mercredi une légère remontée de 2 points, à 43 %, du pourcentage de
Français disant lui confiance pour « lutter efficacement contre l'épidémie de coronavirus ».
Par
RFI

