Des chercheurs, originaires d'Australie et de Taïwan, pensent néanmoins avoir découvert la première mutation significative du SARS-CoV-2. Leur étude a été prépubliée dans bioRxiv en attendant l'évaluation par les pairs (peer review). Celle-ci permettra de confirmer, de nuancer, ou d'infirmer leurs conclusions.
Des conclusions qui semblent valider la stabilité génomique du virus, dont le taux de mutation et la diversité génétique seraient bien plus faibles que ceux du précédent SARS (épidémie de 2002-2003). Par une analyse phylogénétique,
les chercheurs pensent avoir révélé l'état d'origine présumé du
SARS-CoV-2 ainsi que son historique de propagation, à un stade précoce.
Sur la piste d'un vaccin
En
tenant compte de ces informations, les chercheurs paraissent peu
inquiets face à leur dernier point. Ils apportent les premières preuves
d'une mutation significative, qui aurait réduit l'affinité de liaison
entre le SARS-CoV-2
et les récepteurs ACE2 des cellules humaines. Une découverte qui
pourrait complexifier le développement d'un vaccin, mais qui ne
paraît en réalité pas poser de difficultés supplémentaires. Toutefois,
cela « sonne l'alarme » dans le cas d'une « future épidémie si plus de mutations étaient identifiées », écrivent les chercheurs. C'est-à-dire que le vaccin qui répondra à la pandémie actuelle pourrait ne plus fonctionner dans le futur.
En parallèle, ils ont pu mettre en évidence que la glycoprotéine spike était, malgré la mutation, restée relativement bien conservée. Or, cette protéine est une des clés d'attaque du virus. Si cela se révèle exact, c'est « une bonne indication pour le développement en cours d'un médicament antiviral et d'un vaccin », espèrent les chercheurs.

