À 5,1
%, les prévisions de croissance de 2015 pour le Cameroun donnent à
penser qu'il y a des opportunités à saisir. Revue de quelques filons
porteurs.
Par notre correspondant à Yaoundé, Nestor Nga Etoga
En préambule, il y a lieu de noter la
signature par le président Biya de l'ordonnance du 6 février dernier.
Celle-ci habilite le gouvernement à recourir à des émissions de titres
publics, notamment les obligations de Trésor, pour des besoins de
financement de projets de développement, pour un montant maximum de 900
milliards de francs CFA. Les pistes :
Téléphone : le boom des abonnés !
En 2014, en dehors des chiffres de
la Cameroon Telecommunications (Camtel), le pays comptait 16 595 000
abonnés à la téléphonie mobile. Alors qu’en 2011, 10 millions d’abonnés
seulement avaient accès au mobile, il y a eu une hausse de 6 millions en
trois ans. En tête de peloton : MTN, qui affiche une croissance
extraordinaire de sa base clientèle à 2 chiffres (10,9 %), soit
9 658 000 abonnés au 4Q14. En plus de Nexttel, la 3G est en passe de se
généraliser : Camtel, avec sa nouvelle licence du mobile, Orange qui
comptait en décembre 2014 6,237 millions d’abonnés contre 6,036 millions
en 2013. D’ici décembre 2015, le secteur de la téléphonie mobile va
exploser en termes de chiffres d’affaires en atteignant les 1 000
milliards compte tenu des équipementiers (installation des équipements
3G) et des terminaux.
Transfert d’argent : un secteur très dynamique
Dans ce secteur, le "Mobile Money" a
le vent en poupe ! Ceci grâce à la forte pénétration du téléphone
mobile qui avoisine plus de trois millions d’abonnés sur le territoire
national. Un chiffre qui équivaut à 15 % de pénétration du mobile et un
nombre quotidiennement croissant d’abonnés au téléphone cellulaire. Tout
comme le téléphone, le transfert d’argent est entré dans les us et
coutumes des Camerounais. En échanges économiques, il est devenu un
marché de niche !
Brasseries : concurrence accrue
Sur ce terrain, trois acteurs se
disputent déjà le marché : SABC, Guiness Cameroon et Union camerounaise
des brasseries (UCB). Annoncée avant décembre 2016, l’arrivée de BRASAF,
qui compte investir près de 30,5 milliards de francs CFA et employer
près de 1 000 personnes ! Avec l’entrée inattendue de Source du pays, le
segment des boissons gazeuses va enregistrer une concurrence plus
ardue. En début d’année 2015, les prix des boissons ont connu une
augmentation : ainsi, des boissons alcoolisées de 65 et 33 centilitres
ont enregistré un renchérissement de 75 et 35,5 francs CFA. Pour les
vins spiritueux, on observe une hausse de prix de 100 à 4 000 francs
CFA. À noter : la société marocaine Cosumar vient de miser 60 milliards
de francs CFA pour la construction d’un complexe agro-industriel.
Agriculture : le dernier rempart d’une jeunesse désœuvrée !
En 2015, l’agriculture bénéficiera
des actions qui permettent d’encadrer les acteurs et d’intensifier les
programmes de semences améliorées, d’engrais et d’équipements agricoles,
pastoraux et halieutiques en fonction des zones agroécologiques. Au
Cameroun, l’agriculture est le seul maillon essentiel dans la
diversification de l’économie et de l’emploi des jeunes désœuvrés.
BTP : l’émergence en construction
La "Tourel", un immeuble de 41
étages pour un coût de 65 milliards de francs CFA verra le jour en 2015.
Sa construction va générer près de 1 770 emplois directs et 2 000
indirects. La société African Pool Construction œuvrant dans l’industrie
des matériaux de construction se propose d’investir 8,2 milliards de
francs CFA et de recruter 480 personnes. L’activité économique en 2015
sera tirée notamment par la mise en service de nouvelle cimenterie, dont
Dangote Cement, la poursuite des travaux du complexe
industrialo-portuaire de Kribi, la construction des barrages de
Memve'ele et de Lom Pangar.
Hydrocarbures : malgré la chute du cours du pétrole...
La libéralisation du secteur
pétrolier en 2000 a donné lieu à l’ouverture de plus de 15 entreprises
locales. Après l’arrivée de Green Oil, d’autres structures sont
annoncées d’ici décembre pour tenter de rééquilibrer des revenus réels
face à la chute du cours du pétrole brut.
Télévision numérique : en attendant le 17 juin 2015
Le secteur de la télévision
numérique pourrait générer environ 60 milliards de francs CFA
supplémentaires avec près de 4 millions de foyers qui devraient acquérir
de nouveaux emplois. La Cameroon Digital Television est chargée de
gérer le passage de la télévision de l’analogique au numérique avec
comme date butoir le 17 juin. Précision : selon l'agence Ecofin, lors de
sa 7e assemblée générale en janvier 2014 tenue à Yaoundé, au Cameroun,
l’Union africaine de radiodiffusion (UAR) avait déjà demandé le report
de cette échéance quant au passage à la TNT. Selon le site web du
journal kenyan Daily Nation, l’Union internationale des
télécommunications (UIT) aurait décidé de prolonger le délai de passage à
la télévision numérique dans 30 pays africains. Par téléphone, un
contact à l'UIT dément et indique que la date est maintenue. Le signe
d'un bras de fer ?
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