Le
gouvernement camerounais est de plus en plus inquiet au sujet de
l’endettement des entreprises de son portefeuille. En effet, invité à
exposer sur «la performance dans la gestion» des sociétés d’Etat
au cours d’un
conseil de cabinet tenu le 25 février 2016 à Yaoundé, le
ministre délégué auprès du ministre des Finances, Paul Elung Ché, a
révélé que «l’accroissement de l’endettement» de ces entreprises «pourrait, à moyen terme, constituer un risque pour le budget de l’Etat».
S’il
n’a pas révélé le volume de dettes des entreprises publiques, souligne
le communiqué ayant sanctionné le conseil de cabinet sus-mentionné, le
ministre délégué auprès du ministre des Finances a suggéré quelques
solutions pour éviter une catastrophe au budget de l’Etat. Il s’agit,
selon lui, «du respect de la discipline budgétaire, la maîtrise des
charges d’exploitation, la mise en place d’outils de pilotage divers,
ainsi que l’amélioration de la gouvernance et l’usage d’instruments
modernes d’évaluation de la performance comme la notation financière».
Par ailleurs, a-t-il conseillé, «en
vue d’une plus grande efficience, les entreprises devraient recourir de
moins en moins aux subventions provenant du budget de l’Etat et élargir
leurs outils de financement en s’orientant vers les formules nouvelles
comme les prêts non souverains des partenaires au développement ou des
banques privées».
En
dépit de cet endettement croissant, le gouvernement camerounais a signé
et financé des contrats plants avec certaines entreprises de son
portefeuille, afin de les rendre plus performantes. Au total, apprend-on
de bonnes sources, 34 contrats de ce type ont été signés à ce jour,
mais, a fait remarquer le ministre au cours du même conseil de cabinet, «le taux de réalisation financière de ces contrats-plans atteint difficilement 50%».
Pour
rappel, l’on dénombre officiellement 127 sociétés et autres
établissements publics administratifs dans le portefeuille de l’Etat
camerounais. Selon un rapport du Fonds monétaire international (Fmi) sur
l’économie camerounaise, publié en septembre 2013, la majorité de ces
entreprises produisent souvent de «piètres résultats».
Brice R. Mbodiam
Agence Ecofin

