Le courage
semble être la qualité numéro une à avoir pour être créateur d'entreprise. Mais
la question se pose de savoir si, même avec la plus grande des volontés, je
manque de courage pour
me lancer une bonne fois pour toutes, la création
d'entreprise est-elle réellement faite pour moi ?
Le courage : une valeur clé
En toute
évidence, le courage est une valeur élémentaire pour se lancer dans la création
d'une entreprise. Selon la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, le
courage est un outil majeur de la gouvernance d'entreprise. Un courage
nécessaire pour mener à bien de nombreuses tâches, de nombreuses obligations
qui entrent dans le cadre de la création d'une entreprise quelle qu'elle soit,
d'une start-up comme d'une plus grande entité. Parmi ces tâches, on note
également la présence de décisions importantes à prendre : un licenciement, une
délocalisation d'activité, toutes ces décisions qui nécessitent un courage
certain de la part du chef d'entreprise.
De nombreux
exemples illustrent cela : le courage d'un Martin Winterkorn, CEO de
Volkswagen, de prendre des décisions fortes à la suite du scandale touchant
toute son entreprise. Cependant, le courage est quelque chose qui s'apprend.
Bien que certaines personnes en soient dotées de façon initiale, la plupart des
entrepreneurs actuels se sont servis de leurs propres expériences pour se
forger un courage qui leur est propre. C'est donc à chaque personne ayant la
volonté de faire le grand saut, d'aller de l'avant pour créer une entreprise,
de tout mettre en œuvre pour gagner ce courage et pouvoir affronter davantage
de péripéties dans leur futur professionnel.
Penser l'échec comme une réussite
Le manque de
courage de beaucoup d'entrepreneurs en devenir vient aussi de cette peur
néfaste de l'échec, cette peur d'échouer à mener à bien un projet
entrepreneurial, à le mettre sur pied et à le développer sur le long terme. Aux
États-Unis par exemple, les chefs d'entreprise qui ont échoué sont perçus comme
les meilleurs chefs d'entreprise qui soient. Tout simplement parce que de
l'autre côté de l'Atlantique, l'échec est formateur, il permet d'apprendre sur
nos erreurs, sur les choses que nous avons faites et qui ne se sont pas passées
comme prévu. Une vision complètement décalée par rapport à ce que nous pensons
de l'échec en France et même plus généralement en Europe.
C'est donc
pour toutes ces raisons qu'il est important de considérer le courage comme une
notion qui nécessite un apprentissage de longue haleine, qui se fait au travers
d'expériences de réussite ou d'échec. L'échec n'étant aucunement quelque chose
de négatif mais bien le meilleur moyen de se confronter à la réalité des
choses, à la réalité du monde entrepreneurial dans lequel toutes les personnes
désireuses de créer une entreprise sont appelées à évoluer. "Le succès
n'est pas final, l'échec n'est pas fatal, c'est le courage de continuer qui
compte", disait Winston Churchill.
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