Le groupe Afriland First Bank qui occupe la première place au Cameroun en termes de total de bilan, devrait clôturer son emprunt privé de 15 milliards de FCFA avant la fin de cette semaine. Il aurait cependant eu du mal à
réaliser son carnet des ordres, a-t-on appris d'une source proche du processus, mais qui a sollicité l'anonymat, car la démarche du groupe ne fait pas l'objet de publicité.
Le
groupe bancaire a pourtant de solides garanties, notamment son
portefeuille de titres obligataires d'un peu plus de 140 milliards de
FCFA, constitué des obligations du Cameroun et du Gabon, deux produits
financiers hautement sécurisés. Mais au final, les personnes ciblées
n'ont pas toutes été faciles à convaincre. « La
taux d'intérêt de 6% qui a été servi n'est pas attractif, du fait de la
maturité (7 ans) qui est longue et il faut tenir compte des impôts sur
les revenus des capitaux qui seront prélevés et de l'effet
inflationniste (2,5% par an en moyenne dans les conditions stables) qui
doivent être pris en compte » a indiqué un expert proche des milieux bancaires
La
Société Nationale de Raffinage, qui bénéficie pourtant d'une garantie
du gouvernement n'est, elle aussi, pas parvenue à servir la totalité de
ses titres obligataires aux investisseurs. Certains d’entre eux,
notamment des établissements de microfinance ont souhaité que les titres
qu’ils avaient acquis (près de 15 800) puissent être admis au
refinancement par la banque centrale à des taux plus avantageux. Une
telle demande semble avoir aussi été faite dans le cadre de l'emprunt
d'Afriland, afin de palier à la maturité trop longue (7 ans). Mais les
solutions apportées (un taux de près de 4%) n'ont pas été jugées
pertinentes par tout le monde.
Enfin
de nombreux investisseurs préfèrent se constituer des réserves pour le
prochain emprunt du Cameroun (près de 150 milliards de FCFA), après
celui qui a été récemment lancé par le Gabon. Les avantages des emprunts
obligataires étatiques, c'est qu'ils offrent un meilleur rendement, une
exonération d'impôts, des garanties souveraines beaucoup plus solides
et une capacité plus souple d’admission au refinancement.
Rappelons
que le produit de l'emprunt effectué par Afriland First Bank, sera
affecté au renforcement de ses fonds propres, afin de soutenir son plan
d'expansion en cours d'exécution.
Une
autre hypothèse suggère que le groupe souhaite aussi bien se
positionner dans le cadre du prochain emprunt du Cameroun, en améliorant
ses ratios de réserves obligatoires qui ont été impactés du fait de ses
multiples engagements, notamment auprès de nombreux organismes proches
de l'État camerounais.
Certains observateurs sont optimistes quant au succès de son opération. « Afriland
c'est quand même une grosse banque au Cameroun, et elle devrait pouvoir
collecter les fonds dont elle a besoin, mais le vrai indicateur à
suivre sera le pourcentage d'adhésion des investisseurs », prédit l’un d'entre eux.
Idriss Linge
Agence Ecofin

