Cameroun - Élections à la LFPC: Pour Franck Happi, «si on recule devant les intimidations, on ne va pas avancer, à un moment donné il faut prendre ses responsabilités»

Cinq ans après sa création, la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (LFPC) aura son tout premier président élu le 28 juillet 2016 à Yaoundé, en principe. La publication de la liste officielle des candidats par la
Commission électorale indépendante est imminente.
Pour l’instant, il ne fait aucun doute que le Général à la retraite, Pierre Semengue, a décidé de se lancer dans la course à sa succession. Par nomination, il préside aux destinées de la LFPC depuis sa création en 2011. Un autre prétendant s’appelle Franck Happi. Le Président du Conseil d’Administration de l’Union sportive de Douala a organisé deux conférences de presse à Yaoundé (le vendredi 10 juin 2016) et à Douala (le lundi 13 juin 2016) pour répondre aux préoccupations des journalistes relatives à ses ambitions.
Ci-dessous, les propos de Franck Happi recueillis pendant le jeu des questions/réponses avec les médias. 
Sur sa détermination de vouloir chasser Pierre Semngue de la tête de la LFPC: 
Notre football a des problèmes. Il est clair que si rien n’est fait, on va vers une déliquescence. Acteurs que nous sommes (Présidents de clubs professionnels, NDLR), nous avons décidé de faire entendre notre voix. Nous pensons qu’aujourd’hui, nous avons autre chose à proposer après les fonts baptismaux de la LFPC ce que le père Semengue a porté. Nous le remercions pour cela et nous apprécions ce qu’il a fait.
Aujourd’hui, il faut un nouveau souffle, nous représentons ce souffle nouveau là. Nous venons avec des idées nouvelles pour passer à un autre cap. L’étape de la création et de la mise en place est passée et, maintenant, il faut aller vers une autre étape. Et je pense que nous avons plus de réponses aux questions structurelles qui sont posées à la LFPC aujourd’hui.
Sur le Programme qu’il propose pour une nouvelle LFPC:
Vous posez la question sur mon programme. Non, je ne peux pas le dévoiler ici. Je ne vais pas vous dévoiler mon programme pour qu’il soit copié ou récupéré pour d’autres fins. J’ai mon programme, pour l’instant, je le garde pour moi. Le moment venu, on le dévoilera. Pour vous en donner une idée, nous pensons que l’État ne peut pas financier le football professionnel au Cameroun. Voilà un acte complètement différent.
D’un côté il y en a (Pierre Semengue, NDLR) qui pense que c’est l’État qui doit financer le football professionnel et de l’autre côté, nous, qui pensons que c’est des partenariats privés privés. Nous pensons que, pour convaincre, il faut améliorer la qualité de l’arbitrage, améliorer l’équité de la compétition pour que les gens reviennent au stade. Une compétition où il y a un manque  d’éthique, où les matches sont faussés, ne peut pas prospérer, ne peux pas ramener les gens aux stades.
Et les sponsors cherchent quoi, ils cherchent le nombre. Et je pense que dans nos différents clubs, pour prendre mon cas dans l’Union de Douala, nous avons montré qu’on sait ce qu’il faut faire pour attirer les sponsors. Et on pense qu’à une échelle plus grande, nous pouvons en tirer encore plus. Nous n’allons pas vendre le rêve, nous allons améliorer la qualité du spectacle.
Réaction à des coups de fil anonymes menaçants:
Si on recule devant les intimidations, on ne va pas avancer. À un moment donné, il faut prendre ses responsabilités. Je dis, nous sommes convaincus de la bonne cause et de notre bonne foi.  Nous ne sommes pas en guerre, ce n’est que du sport. Si ça ne passe pas, nous nous inclinerons par rapport aux verdicts des urnes. Mais, l’intimidation ? Non, ça ne peut pas nous faire reculer. Honnêtement, ça ne nous effraie pas. Il faut forcement faire avancer les choses et qui mieux que le présidents de clubs pour savoir qu’est-ce qui les intéresse et qu’est-ce qui peut les faire avancer ? On est en démocratie, et en démocratie, il faut une pluralité de voix, une pluralité de listes pour permettre que les votants puissent choisir. Et c’est ça que nous proposons, nous voulons autre chose.
© Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net