Le groupe terroriste Boko Haram a créé une radio qui est reçue dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, affirme l’hebdomadaire « Intégration » dans son édition du 13 juin 2016. Le journal révèle que dans la localité de
Tolkomari, les terroristes occupent la fréquence 96.8 Fm.
Robert
Baikam, ancien technicien de diffusion à l’office de radiodiffusion et
télévision national (Crtv), affirme que les djihadistes de Boko Haram
ont été entendus sur plusieurs fréquences de modulation à la frontière
avec le Nigéria. Ce résident de Tolkomari a pu se faire sa propre
expérience : « Ils
sont passés successivement sur 103.4 Fm, 91 Fm, 106.1 Fm et 96.8 Fm en
l’espace de 6 mois. Leur système de diffusion est très nébuleux. À
chaque production qui dure environ 2 heures, ils se fondent sur une
communication extensive, s’adressant à l’audience la plus large possible
tant au Nigéria que dans les zones limitrophes. À chaque fois pour cet
exercice, 2 speakers se mettent en valeur : leurs propos sont enrobés de
psalmodies du Coran, de cris de personnes et de tirs. »
D’autres personnes ont écouté la radio de Boko Haram. « Par hasard, je suis tombé sur cette stationpour écouter les anashids (les chants musulmans). Mais je me rends compte quec’est la radio barbare que nous avions écoutéeici il y a un mois», affirme Belawa, un septuagénaire.
D’autres
témoignages indiquent que la radio de Boko Haram émettait déjà au
lendemain l’attaque du domicile du vice-Premier ministre du Cameroun,
Amadou Ali, le 27 juillet 2014. « Quand ils ont attaqué le domicile d’Amadou Ali ici à Kolofata, ils ont pris les micros pour se féliciter de leur barbarie », se souvient Garba Hassoumou, un autre habitant.
Plusieurs
fois, la radio a relayé les réactions des terroristes à la suite d’un
point de presse du ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.
« Après
l’interdiction du port du voile dans certaines localités de la région,
ils ont promis la mort aux signataires d’une telle mesure. Maintenant,
ils disent qu’ils ne sont pas affaiblis, contrairement à ce qu’on
croit », affirme Larai, un commerçant.
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