Pour la Présidente du Cameroon People’s Party (CPP), le régime en place
est responsable de tous les maux que connait le Cameroun.
Dans une interview accordée au magazine panafricain Jeune Afrique et
publiée sur son site internet mercredi 15 juin 2016, Édith Kah Walla
dresse un tableau sombre de la qualité de vie des Camerounais. «La
gestion du Cameroun depuis 56 ans est assez catastrophique. Notamment
sous l’ère Biya, depuis 34 ans. Et, malheureusement on se retrouve dans
un pays où un Camerounais sur deux n’a pas accès à l’électricité, six
Camerounais sur dix ont du mal à avoir accès à l’eau potable, quatre
Camerounais sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté, tel que
défini par le Gouvernement (c’est-à-dire moins de 934 FCFA par jours).
Donc on se retrouve dans un Cameroun, qui va mal malgré toutes ses
ressources».
Pour elle, «le responsable de cette situation c’est Paul Biya
parce que c’est lui le Chef de l’État. Mais, la faute à cette gestion
qui a été mise en place, qui est une gestion qui ne produit pas de
résultats, qui est une gestion qui favorise énormément la corruption. On
est un des rares pays à avoir plusieurs Secrétaires généraux de la
Présidence qui sont en prison en même temps».
Edith Kah Walla se dit résolument engagée dans le changement pour un Cameroun meilleur: «Il
nous faut absolument un changement, il nous faut absolument nous
débarrasser de ce régime afin de mettre en place les piliers qui nous
permettent de construire un autre Cameroun pour demain».
C’est pour cette cause qu’elle a mis sur pied le mouvement «Stand Up for Cameroon»
qui elle-même réunit d’autres formations politiques et des
personnalités de la société civile. Ce mouvement a initié la campagne
des «Vendredis en noir», un mouvement de protestation silencieuse
organisé chaque fin de semaine dans le pays pour sensibiliser les
Camerounais au risque d’une modification de la Constitution devant
aboutir à une élection présidentielle anticipée - avec Paul Biya pour
candidat.
Cette campagne a trois objectifs clés: revendiquer les services de
base; dire non à toute modification de la constitution qui a pour seul
but de maintenir monsieur Biya et son régime au pouvoir; demander et
imposer cette transition politique qui nous permettra de mettre de côté,
hors de contrôle, ce régime et de pouvoir dire quel type de Cameroun on
veut bâtir.
Dans ce cadre, les Vendredis en noir vont s’intensifier dans les
prochaines semaines, afin d’empêcher la convocation d’une session
extraordinaire du Parlement, signe d’un désir de passage en force.
Au sujet de la modification de la Constitution qui est d’actualité au Cameroun, la Présidente du CPP indique: «Nous
sommes pour la modification de la constitution pour réviser un certain
nombre d’éléments que l’opposition revendique depuis des décennies. Par
exemple la limitation des mandats présidentiels à deux mandats de 5 ans
chacun, pas plus. Nous sommes pour une révision qui va équilibrer les
pouvoirs au niveau de l’État camerounais. Aujourd’hui tous les pouvoirs
sont concentrés au niveau de l’exécutif et le législatif et le
judiciaire deviennent dépendants».
Edith Kah Walla se dit prête à tout faire pour stopper toute modification qui a pour but de maintenir le régime Biya au pouvoir.
© Onana N. Aaron | Cameroon-Info.Net

