En avril dernier, le WWF a signé avec quatre villages (dont une
communauté Baka) de l’arrondissement de Ngoyla (Région de l’Est) des
contrats dans le cadre d’un processus de paiement pour services
environnementaux (PSE). Ces contrats présagent un avenir meilleur pour
la contribution des communautés concernées à la lutte contre le
changement climatique au Cameroun.
38,5 millions FCFA octroyés par l'Union européenne.
Les quatre communautés recevront 38,5 millions FCFA (environ US $
76,000) octroyés par l'Union européenne à travers le Projet WWF-UE de
Ngoyla-Mintom. En contrepartie, les communautés s’engagent à gérer
durablement les quatre forêts communautaires dont elles sont
attributaires. Cet argent sera essentiellement investi dans des
micro-projets sociaux.
En dehors des micro-projets sociaux, les communautés vont, dans le
cadre de cet engagement, développer l'agroforesterie comme principale
activité de lutte contre la déforestation et la dégradation de leurs
forêts. Ceci permet de concilier les objectifs environnementaux, sociaux
et économiques visés par le projet. A cet effet, le WWF a distribué
environ 20000 plants de cacaoyers hybrides et 2000 plants de safoutiers à
haut rendement aux membres des communautés bénéficiaires en 2015 et
2016. Les représentants des différentes communautés présents à la
cérémonie n’ont pas pu cacher leur joie après la cérémonie de signature.
«Vous pouvez imaginer l’immense joie des communautés après la signature
de ces contrats », a déclaré monsieur Babot Pascal Blaise, leader
communautaire du village Zoulabot I. Et il a rajouté : «L'ensemble de
notre communauté est en fête. Nous ne pouvions pas attendre mieux à
cette période ».
Une vaste campagne de consultation
Avant la mise en œuvre du projet PSE, une vaste campagne de
consultation, de sensibilisation et de partage d'informations a été
menée dans les villages ciblés. Les avantages et les inconvénients d'un
projet PSE ont été expliqués au cours de diverses réunions. Les membres
de la communauté ont été immédiatement impliqués dans des activités
menées dans leurs villages, y compris dans la conception et les
discussions sur le mécanisme de partage de bénéfices. Tous les documents
écrits pour préparer les accords PSE ont été partagés et discutés
avec les communautés concernées. C’est le cas de la note d’orientation
rédigée pour l’élaboration des accords des paiements et de partage des
bénéfices.
WWF a commandé une étude de faisabilité menée par Bioclimate
Avant de consulter les communautés, le WWF a commandé une étude de
faisabilité qui a été menée par Bioclimate, une structure écossaise.
L'étude a abouti à la sélection des quatre villages pilotes dans
l’arrondissement de Ngoyla pour le projet PSE. Plusieurs activités ont
été menées sur le terrain notamment la recherche du consentement des
communautés, l’élaboration des scénarii de référence et des scenarii du
projet l’élaboration d’un mécanisme de partage des bénéfices, le
micro-zonage et l'identification des principales activités du projet. La
plupart de ces activités ont contribué à l'obtention d'éléments clés de
cet accord entre le WWF et les communautés. Tout ce travail a été
réalisé en collaboration avec une organisation de la société civile
locale (CAFT).
Pallier à la pauvreté des populations
Les études menées par WWF dans le cadre de ce projet indiquent que
c’est l'extrême pauvreté des populations locales qui lespousse à exercer
une énorme pression sur la forêt ou à accepter l’exploitation
forestière illégale.
Le PSE est une des composantes du projet WWF-UE de Ngoyla-Mintom mis
en œuvre depuis 2011 dans le bloc forestier Ngoyla-Mintom qui couvre
environ 1million d’hectares de forêt dans le sud-est du Cameroun.«Ce
projet est déployé comme un moyen de lutte contre le changement
climatique par l’amélioration des conditions de vie des populations et
la réduction de leur dépendance absolue à l'égard de la forêt. WWF est
en partenariat avec le gouvernement dans la lutte contre le changement
climatique à travers la réduction de la déforestation et la dégradation
des forêts », a déclaré Gilles Etoga, responsable du programme WWF Jengi
TRIDOM après la cérémonie de signature.
Camer.be

