Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, accusé de viol en Suède, a donné pour la première fois sa version des faits à la justice lors d’une audition à l'ambassade d'Équateur à Londres où il est réfugié depuis 2012.
Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks,
est entendu par la justice depuis lundi 14 novembre pour donner sa
version des faits au sujet d’un viol qu’il aurait commis en Suède en 2010. Son audition est menée à l'ambassade d'Équateur à Londres (où il est réfugié depuis 2012)
par un procureur équatorien accompagné d'une consœur suédoise,
magistrat instructeur adjoint dans l'enquête visant l’Australien de 45
ans.
La Suède et l'Équateur ont négocié pendant des mois les
conditions de cet interrogatoire et l’Équateur a imposé que ce soit un
procureur équatorien qui pose les questions, même si celles-ci sont
suggérées par les enquêteurs suédois.
L'audition "devrait durer plusieurs jours", a déclaré Per
Samuelsson, l'avocat suédois de Julian Assange, qui espère y assister au
moins en partie.
"Il veut une chance de laver son honneur"
Alors que la justice suédoise lui reproche de s'être
systématiquement soustrait à ses convocations, Per Samuelsson assure que
le fondateur de WikiLeaks "a toujours voulu donner sa version des faits
directement aux enquêteurs". "Il veut une chance de laver son honneur
(...) et espère que l'enquête préliminaire sera abandonnée" après
l'interrogatoire.
L'avocate de la partie civile, Elisabeth Fritz, et sa
cliente considèrent également que "c'est une bonne chose qu'Assange soit
enfin entendu". "Nous attendons qu'après cette audition la procureure
l'inculpe et que cette inculpation conduise à un procès devant un
tribunal suédois. Ma cliente attend que justice soit faite depuis six
ans", a ajouté Elisabeth Fritz.
Un prélèvement sera effectué sur Julian Assange - s'il y
consent - à des fins de comparaison d'ADN, selon le parquet suédois. La
transcription de l'interrogatoire sera remise ultérieurement aux
magistrats suédois, lesquels décideront de la suite à donner à
l'enquête.
Julian Assange dénonce une manœuvre pour le faire extrader
Une première audition prévue pour la mi-octobre avait été
reportée à la demande de Julian Assange, qui invoquait l'insuffisance de
garanties sur "sa protection et sa défense", selon l'Équateur.
Réfugié dans l'ambassade de ce pays depuis 2012, Julian
Assange est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, émis dans le
cadre de l'enquête lancée par la justice suédoise après la plainte
déposée par une jeune femme pour des faits présumés de viol commis en
2010.
La Suède, après lui avoir permis de quitter son territoire
cet été-là, a ensuite tenté de le faire arrêter par la justice
britannique.
Une fois épuisés tous les recours formés pour éviter son
extradition vers Stockholm, Julian Assange était entré dans l'ambassade
équatorienne en juin 2012 pour y demander le droit d'asile et n'a pas
quitté les lieux depuis, reclus dans un petit appartement.
L'Australien a perdu une nouvelle bataille judiciaire en
septembre lorsque, pour la huitième fois en six ans, un tribunal suédois
l'a débouté et a confirmé le mandat d'arrêt européen à son encontre.
Le fondateur de WikiLeaks clame son innocence et dénonce une
manœuvre dans le but de le faire extrader vers les États-Unis, qui
veulent le juger pour la diffusion de plus de 250'000 documents secrets
révélant les dessous de la diplomatie américaine.
France 24 Avec AFP

