Pour « sauver l’État de la faillite », le Premier ministre algérien,
Ahmed Ouyahia a opté pour la
planche à billets. À cet effet, les
députés ont adopté dimanche 8 octobre un texte autorisant le Trésor à
emprunter directement à la Banque centrale. Au-delà de cette arme à
double tranchant, quelles sont les mesures urgentes à prendre pour
sortir du marasme ? L’avis des experts et des opérateurs privés.
Ce n’est pas faute d’avoir été prévenu. Et l’alerte a été donnée par des experts du FMI. En septembre 2014, une délégation du Fonds, présidée par le Mauritanien Zeine Ould Zeidane,
séjourne à Alger dans le cadre des consultations annuelles qu’elle mène
avec des responsables algériens. À l’issue de plusieurs entretiens avec
ces derniers, Zeidane livre une série de recommandations pour faire
face à la crise qui se profile en raison de la chute des cours du
pétrole. La feuille de route préconisée se résume comme suit : réformes
structurelles profondes, maîtrise des dépenses publiques, réduction de
la facture astronomique des importations et suppression progressive des
subventions généralisées. « Si le gouvernement ne redresse pas la barre
dans un délai de trois ans, le pays ira droit dans le mur », confie
alors Zeidane à l’un de ses interlocuteurs. Trois ans plus tard, ses
prédictions se sont hélas révélées justes.
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, en 1999,
jamais l’Algérie ne s’était trouvée dans une situation aussi délicate. Son Premier ministre, Ahmed Ouyahia, évoque
ainsi un État en quasi-faillite, incapable d’assurer la dépense
publique, contraint de choisir entre deux options aussi périlleuses
l’une que l’autre : le recours à la planche à billets, pudiquement appelé « financement non conventionnel interne », ou l’endettement extérieur auprès des instances financières internationales.
Un Premier ministre alerte
Constat apocalyptique exagéré ou sous-évalué ? Compte tenu
de l’opacité du système algérien et en l’absence de données et de
statistiques fiables, il est difficile de le dire avec précision et
sérénité. Il n’empêche. Cette crise financière, adossée à l’incertitude
autour de l’avenir du président Bouteflika, affaibli par des soucis de
santé, est durable, grave et lourde de conséquences pour l’avenir de
l’Algérie.
« Sans la planche à billets, vos salaires ne pourront pas être payés au mois de novembre » prévient Ahmed Ouyahia
Rompant avec l’angélisme de ses prédécesseurs, Ahmed Ouyahia
a choisi la franchise pour en décrire l’ampleur. « Les banques,
publiques notamment, n’ont plus assez d’argent, et pour pallier une
défaillance de 2 000 milliards de dinars [environ 20 milliards de
dollars] du Trésor, a-t-il expliqué devant l’Assemblée nationale,
l’Algérie doit emprunter 20 milliards de dollars chaque année auprès du
FMI. »
Devant les sénateurs, le 24 septembre, il enfonce le clou : « Sans la planche à billets, vos salaires ne pourront pas être payés au mois de novembre. »
En clair, l’État est face à une situation de cessation de paiement
interne. Pour boucler le budget 2017, le gouvernement a besoin de
2 milliards de dollars. L’année prochaine ? « Elle s’annonce encore plus
complexe », reconnaît Ouyahia devant ses ministres.
Les besoins en argent frais, juste pour éponger le déficit du Trésor et
donc verser les salaires, avoisinent les 20 milliards de dollars. Quand
on sait que la paix sociale et la stabilité du pays reposent sur la
capacité de garantir une fin de mois aux travailleurs, on mesure la
gravité de la situation. Mais cela ne se limite pas à la paie des
fonctionnaires. De nombreux projets sont à l’arrêt, l’en-cours des
créances détenues par l’État sur les entreprises se chiffre en milliards
de dinars, et le chômage repart à la hausse. Un grand concessionnaire
automobile a licencié 800 employés en quelques mois. Il n’est pas le
seul à envisager de sombres perspectives pour les prochains mois.
Comment en est-on arrivé à la faillite interne ?
L’Algérie vit essentiellement des richesses de son
sous-sol ; les hydrocarbures représentent 98 % de ses exportations,
génèrent presque 70 % des recettes fiscales et contribuent pour moitié
au PIB. Durant les quinze dernières années, le pays a vécu dans
l’aisance, et les responsables dépensaient sans compter. Quand le baril a commencé à dévisser, en juin 2014, le vent a tourné.
Les revenus pétroliers ont chuté de moitié, passant de 60 milliards de
dollars en 2014 à 31 milliards de dollars en 2017, et la fiscalité
pétrolière a suivi la chute. Le choc a mis à nu ce modèle rentier.
« L’Algérie a vécu durant trois ans grâce à son épargne mais elle a fondu comme neige au soleil » selon un ancien ministre de Sellal
Confrontées à des difficultés financières, les autorités ont puisé dans les économies engrangées durant la bahbouha,
cette période d’opulence où le baril frôlait les 150 dollars.
« L’Algérie a vécu durant trois ans grâce à son épargne, dit un
ex-ministre de Sellal. Mais elle a fondu comme neige au soleil. » Le
Fonds de régulation des recettes (FFR), créé en 2000 pour capter les
excédents budgétaires liés aux exportations d’hydrocarbures ? Totalement
épuisé en février 2017. Son solde, cumulé à quelque 41 milliards de
dollars fin 2014, a servi à éponger les déficits successifs.
L’emprunt national pour la croissance économique de
5 milliards de dollars qui devait servir aux investissements publics ?
Absorbé pour la même cause. Le prêt de 900 millions d’euros que la Banque africaine de développement (BAD)
a accordé en novembre 2016 pour appuyer la compétitivité industrielle
et énergétique ? Il a servi à combler les trous budgétaires. Le
gouvernement a même été contraint de piocher dans les versements
exceptionnels de dividendes de la Banque d’Algérie. Il ne reste donc
plus de bas de laine.
Les réserves de change, qui garantissent les importations,
ne sont pas en reste. Là encore, la saignée est terrible. De
194 milliards de dollars début 2014, elles ont chuté à 103 milliards fin
août 2017. Et seront de 97 milliards à la fin de l’année en cours,
selon le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya. Au rythme où elle
diminue – une moyenne de 28 milliards de dollars par an –, cette
assurance-vie des Algériens risque de disparaître totalement dans quatre
ans si les cours du pétrole ne remontent pas d’une manière
spectaculaire et durable. On n’ose alors imaginer l’amplitude du
cataclysme auquel serait confrontée l’Algérie à l’horizon 2022.
Résultat : le pouvoir a dû se résoudre à faire tourner la planche à
billets.
À quoi servira la planche à billets ?
La réflexion autour de cette option a commencé début 2017.
Elle a été décidée au cours de l’été devant la « situation infernale »
des comptes publics. Une fois la loi sur la monnaie et le crédit de 1990
amendée dans les prochaines semaines, la Banque d’Algérie sera
autorisée à émettre de la monnaie pour éponger le déficit du Trésor,
payer les fonctionnaires, rembourser les dettes du groupe pétrolier
Sonatrach (6,7 milliards d’euros) et racheter celles engagées dans
l’assainissement de Sonelgaz (5,2 milliards d’euros).
Ce plan sera consolidé par de profondes réformes économiques et financières
Les banques publiques retrouveraient ainsi des liquidités
pour le financement de l’investissement économique, juge Ahmed Ouyahia.
Une partie de cette manne sera également affectée au financement du
Fonds national d’investissement (FNI), dont la vocation est
d’accompagner le secteur productif public et privé. « La Banque
d’Algérie pourrait acquérir l’équivalent de 35 milliards de dollars de
titres du Trésor dès 2017 », estime l’économiste Alexandre Kateb, qui a
travaillé au sein d’un panel d’experts rattachés au premier ministère.
Étalé sur une période de cinq ans, ce plan sera consolidé
par de profondes réformes économiques et financières, promet Ouyahia. À
terme, il permettra au pays de rééquilibrer ses comptes, de restaurer la
balance des paiements et de se doter d’un tissu économique. Dans
l’esprit des dirigeants, le plan antifaillite vaincra la crise.
Pourquoi le plan Ouyahia est-il contesté ?
Panacée ou ultime cartouche, le plan essuie critiques, mises
en garde, réprobations et dénonciations presque unanimes de la part des
experts et exégètes en économie. « Un scénario vénézuélien pour
l’Algérie », juge l’économiste Kamal Kheffache. « Les Algériens doivent
se préparer à une inflation à quatre chiffres », prévient sur un ton
alarmiste Ahmed Benbitour, éphémère chef de gouvernement de Bouteflika
entre décembre 1999 et août 2000. « C’est un choix de survie financière
qui aura des conséquences incalculables sur tous les plans », estime
pour sa part l’expert financier et chef d’entreprise Ferhat Aït Ali. Et
tout d’abord une dévaluation incontrôlable du dinar. Ces premiers effets
se font déjà sentir avant même que le plan ne soit mis à exécution.
« Il n’est pas exclu que le dinar s’échange à 300 euros d’ici à la fin de l’année » s’inquiète un banquier d’Alger
Alors que le Premier ministre détaillait sa feuille de route
devant les sénateurs, l’euro s’échangeait à 200 dinars sur le marché
parallèle, contre 190 dinars une semaine plus tôt. Un banquier de la
place d’Alger ne cache pas son pessimisme. « Il n’est pas exclu que le
dinar s’échange à 300 euros d’ici à la fin de l’année », prédit-il.
Effet de la spéculation, signe d’inquiétude des Algériens qui se ruent
sur la devise comme valeur refuge ou vrai début de dégringolade du
dinar ? Il est trop tôt pour le dire. Mais la planche à billets pourrait
provoquer le même effet qu’une bombe à fragmentation.
« L’inflation est inévitable, analyse Ferhat Aït Ali. Elle
ne sera pas immédiate, mais le gonflement de la masse monétaire induira à
court terme une augmentation des prix des intrants industriels et des
produits de biens de consommation, un surenchérissement des produits à
l’importation, une hausse des taux d’intérêt bancaires, une baisse
d’activité de la production locale et une érosion du pouvoir d’achat des
citoyens. » Et c’est peu dire que les Algériens subissent déjà le
contrecoup de la crise sur leur portefeuille. En une année, les prix des
fruits et légumes ont augmenté de 25 %. « Avec un salaire de 60 000
dinars pour une famille de cinq personnes, je n’arrive plus à joindre
les deux bouts, déplore un enseignant dans une école de la banlieue
d’Alger. Comment vais-je m’en sortir si les prix venaient à doubler ou à
tripler ? »
Le spectre vénézuélien
Chute des revenus pétroliers, inflation galopante, faillite
financière, planche à billets, émeutes et chaos politique, le Venezuela,
qui a connu l’opulence et dont l’économie s’est effondrée pour les
mêmes raisons qu’en Algérie, est de plus en plus cité par les experts
économiques. La perspective que l’Algérie suive la même voie n’est plus
une vue de l’esprit, quand bien même elle disposerait des ressources
nécessaires pour se mettre à l’abri d’un tel scénario. « La reproduction
en Algérie du cas vénézuélien n’est pas si absurde, reconnaît un
ministre qui a récemment quitté le gouvernement. Mais nous pouvons tenir
encore quatre à cinq ans. »
Avec le récent séjour du président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Alger,
le parallèle entre les deux pays est vite fait. L’histoire pas vraiment
lointaine de l’Algérie enseigne que les mêmes causes produisent les
mêmes effets. En 1986, le pays avait subi le même choc pétrolier après
la chute des cours du pétrole. Deux ans plus tard, la crise débouche sur
les émeutes sanglantes d’octobre 1988, qui ont mis fin au système du
parti unique.
Rebelote au milieu des années 1990. Une autre dégringolade
pétrolière, conjuguée à une dette extérieure stratosphérique
(33 milliards de dollars) et à un terrorisme barbare, jette les
autorités algériennes dans les bras du FMI. À l’époque, l’homme chargé
de mener une politique d’austérité sous la supervision du Fonds n’est
autre qu’Ahmed Ouyahia. Ajustement structurel au pas de charge, des
centaines de milliers d’emplois supprimés, des wagons d’entreprises
fermées et un traumatisme psychologique dont les effets se font encore
sentir aujourd’hui. Et c’est justement pour éviter la réédition d’un tel
scénario que le recours à l’endettement extérieur est écarté. Pour
l’heure.
Pourquoi Bouteflika met-il son veto sur les financements externes ?
Ce refus, érigé en dogme, les Algériens l’ont levé en 2016
en sollicitant un emprunt auprès de la BAD. On sait maintenant à quoi
aura servi ce prêt de la banque africaine. Alger a donc déjà franchi le
pas vers l’endettement extérieur. C’est son recours massif qui est pour
l’heure prohibé. « C’est ce plan ou tendre la main au FMI pour quémander
entre 10 et 15 milliards de dollars par an », confiait Ouyahia en petit
comité. L’ironie de l’économie rentière mise en place depuis des
décennies par les présidents algériens et consolidée sous le magistère
de Bouteflika réside dans les deux séquences suivantes : en
octobre 2012, l’Algérie accorde un prêt de 5 milliards de dollars au FMI
pour la reconstitution de son fonds de secours ; en septembre 2017, son
Premier ministre juge inéluctable la perspective d’emprunter le
quadruple auprès du même FMI si son plan vient à échouer. Hier
créanciers, demain emprunteurs ?
Le président n’a qu’un seul agenda : tenir jusqu’à la présidentielle de 2019 et briguer un cinquième mandat
De ce scénario, Bouteflika ne veut surtout pas, pour des
considérations aussi bien politiques que personnelles. Reclus dans sa
résidence médicalisée et ultraprotégée de Zeralda, le président n’a
qu’un seul agenda. Tenir jusqu’à la présidentielle de 2019. Et briguer
un cinquième mandat. En attendant cette échéance, il faut garantir la
paix sociale afin de pouvoir organiser sa reconduction ou sa succession
avec un minimum de casse. Le refus de l’endettement renvoie aussi à
l’histoire de Bouteflika, à sa personnalité, à son bilan.
Sonner aux portes du FMI serait une sorte de capitulation
Depuis son accession au pouvoir, il a fait de la
restauration de l’image de son pays sur la scène internationale sa
priorité. Si chatouilleux sur la souveraineté nationale et connaissant
bien le sens du nif – mélange de fierté et de dignité – de ses
compatriotes, il ne peut se résoudre à plier le genou devant le FMI.
Pour ne pas perdre la face, ne pas faire voler en éclats sa crédibilité,
ne pas subir d’humiliation, ne pas ternir son image et ne pas effacer
d’un trait ses quatre mandats passés à El-Mouradia, il refuse de
quémander auprès des instances financières internationales. Ce choix
entre la peste et le choléra confine déjà à un aveu d’échec. Sonner aux
portes du FMI serait une sorte de capitulation. Et si tel devait être le
cas, les conséquences sur le plan économique et social seraient
colossales.
Quelles mesures pour venir à bout de la crise ?
Sortir du tout-pétrole, une antienne qui ne s’est jamais
concrétisée. Dos au mur, le pays ne peut plus faire l’économie de
réformes structurelles profondes et rapides. Les conseils dispensés par
des organismes internationaux, des experts et des think tanks ne sont
pas nouveaux. Assouplissement des conditions de création d’entreprise,
ouverture du secteur bancaire et financier au privé, allégement des
contraintes bureaucratiques qui tuent les initiatives, mise à
disposition du foncier pour les investisseurs, autant de mesures
susceptibles d’améliorer le climat des affaires, jugé mauvais. Mais
elles ne suffisent pas.
« Il faut rénover le régime des changes pour créer des
comptes non-résidents attractifs, préconise Abderrahmane Benkhalfa,
économiste et ex-ministre des Finances. La réforme de la fiscalité pour
réguler l’économie informelle (45 % du PIB) ainsi que l’ouverture des
entreprises publiques aux opérateurs privés sont nécessaires. » Un
ancien ministre milite pour la suppression de la règle du 51/49, qui
oblige tout investisseur étranger à s’associer avec un partenaire local.
Instaurée en 2009 par Ouyahia, la mesure a découragé les opérateurs
économiques désireux de venir en Algérie. « On peut maintenir cette
règle uniquement pour les secteurs stratégiques, dit notre ministre. Le
reste doit être ouvert. Comment pourrions-nous encourager les
investissements si l’on empêche les étrangers et nos hommes d’affaires
de faire du business ? »
Au temps où les pétrodollars coulaient à flots, l’État s’est
montré généreux en subventions directes ou indirectes. Carburant,
logement, santé, éducation, biens de consommation, le train de vie de
l’Algérien est presque entièrement subventionné. Les transferts sociaux
coûtent annuellement 27 milliards de dollars au Trésor public. Si la
paix n’a pas de prix, l’État n’a plus les moyens de l’acheter. D’où
l’urgence de dégraisser le mammouth.
Ouyahia se pose comme l’unique et dernier pompier à même d’éteindre l’incendie
« Les subventions implicites et explicites devraient être
progressivement éliminées, et un système de transferts monétaires bien
ciblés devrait être mis en place pour protéger les consommateurs
vulnérables », recommandaient les experts du FMI en mai 2016. Mais cette
démarche nécessite du courage politique. « C’est dans la crise qu’on
mène des réformes douloureuses, rappelle Ferhat Aït Ali. L’Algérie a
perdu trois ans. Le temps lui est désormais compté. Rendez-vous fin
2018. »
Quid de l’avenir d’Ouyahia ?
Rappelé aux affaires comme on appellerait un urgentiste,
l’homme « des sales besognes » joue son va-tout. La crise, le FMI et les
mesures impopulaires, Ouyahia les a « pratiqués » dans la décennie
noire. C’est sans doute ce capital d’expérience qui a pesé dans sa
nomination en août dernier. Mais l’Algérie de 2017 n’est pas celle de
1996. En choisissant de dire la vérité crue aux Algériens – sa formule
imagée, « le couteau a atteint l’os », a fait mouche –, en jouant sur le
registre de la dramatisation, en noircissant peut-être un peu le
tableau, il se pose comme l’unique et dernier pompier à même d’éteindre
l’incendie.
S’il redresse la barre, maintient la paix sociale et dissipe
les craintes des Algériens, il sera salué comme l’homme qui a sorti le
pays de la faillite et évité le spectre du FMI. Il se sera alors ouvert
un boulevard pour l’après-Bouteflika. S’il échoue, il ne sera pas le
seul comptable de la curée, car il aura hérité de la tunique de Nessus
léguée par ses prédécesseurs. Surtout, son sort personnel importera bien
peu en regard de celui du pays.
Source: Jeune Afrique

