Célèbre avocat camerounais, héraut de la lutte contre la corruption,
Akere Muna a déclaré sa
candidature à l'élection présidentielle de 2018
dans la dernière édition de Jeune Afrique, parue ce weekend. Une
annonce suivie de la diffusion d'un enregistrement sur les réseaux
sociaux ce dimanche 8 octobre.
Après avoir choisi Jeune Afrique (édition
du 8 au 14 octobre) pour annoncer son intention d’être candidat à la
fonction de président de la République du Cameroun lors des élections
prévues en 2018, Me Akere Muna
a fait diffuser ce dimanche un enregistrement sur internet. « Nous
devons marcher vers une nouvelle République, qui sera fondée sur la
bonne gouvernance et sur l’État de droit », a assuré l’avocat âgé de 65
ans. Il a par ailleurs promis qu’il n’y aurait plus aucune « tolérance
pour la corruption, le tribalisme, le népotisme et le favoritisme ».
Anglophone, Me Akere Muna est une personnalité connue au Cameroun et à l’étranger. Fils de l’ancien Premier ministre Salomon Tandeng Muna, il a notamment été bâtonnier du barreau du Cameroun.
En 2000, il fonde et préside l’antenne camerounaise de
Transparency International avant de devenir, en 2005, vice-président
mondial de cette ONG de lutte contre la corruption. En 2004, il devient
président de l’Union panafricaine des avocats (UPA). De 2008 à 2012, il
a été à la tête du Conseil économique, social et culturel de l’Union
africaine.
Son frère Bernard Muna, parfois juste appelé « Ben » Muna,
est également avocat, et ancien procureur du Tribunal pénal
international pour le Rwanda entre 1997 et 2002. Il s’était d’ailleurs
présenté contre le président Paul Biya à l’élection présidentielle de
2011 pour le compte de l’Alliance des forces progressistes (AFP).
L’annonce de Me Akere Muna intervient alors que les zones anglophones du Cameroun sont confrontées à une grave crise socio-politique depuis novembre 2016. En mars dernier, lui-même avait d’ailleurs été entendu par le Secrétariat d’État à la Défense (SED) camerounais pour avoir « intellectuellement amplifié » cette crise, avant de ressortir libre.
Le Cameroun organisera la prochaine présidentielle fin 2018,
probablement en octobre. Depuis au moins deux ans, les partisans de
Paul Biya appellent ce dernier à briguer un nouveau mandat. Âgé de 84
ans, dont 35 au pouvoir, l’actuel chef de l’État n’a pas encore révélé
ses intentions, mais tout porte à croire qu’il se portera candidat.
Source: Jeune Afrique avec AFP

