
Les États-Unis
ont de nouveau refusé d’octroyer le statut d’économie de marché à la
Chine.
Comment cette décision, annoncée jeudi par le Bureau du représentant américain au commerce, s’inscrit-elle dans la lutte économique et commerciale sino-américaine?
Comment cette décision, annoncée jeudi par le Bureau du représentant américain au commerce, s’inscrit-elle dans la lutte économique et commerciale sino-américaine?
Le refus des États-Unis de reconnaître la Chine, la plus grande économie mondiale, en tant qu'économie de marché leur
permettrait d'imposer des droits de douane «punitifs» sur les produits
chinois afin de réduire leurs avantages concurrentiels. Voici encore un
signe du protectionnisme agressif que Donald Trump emploie dans les
relations sino-américaines.
Sur quoi se fondent les peurs des États-Unis?
Les relations commerciales sino-américaines battent de l'aile depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Pour le nouveau Président américain, la Chine est un ennemi, capable de déjouer ses plans pour rendre l'Amérique à nouveau grande («Make America Great Again», le slogan de sa campagne présidentielle).
Par ailleurs, Donald Trump a fait de la réduction du déficit commercial, qui en 2016 avait atteint presque 500 milliards de dollars ou soit 2,7 % du PIB américain, une des priorités de sa présidence.
Les
mesures particulièrement dures contre la Chine s'expliquent par le fait
que le montant du déficit commercial avec ce pays est passé de 34
milliards de dollars dans les années 1990 à 347 milliards en 2016.
Les produits chinois bons marchés importés aux États-Unis entrent en
concurrence avec leurs analogues américains, ce qui a une influence
négative sur les producteurs américains et réduit le nombre d'emplois.
Les États-Unis semblent tenter d'organiser un front contre la Chine
au sein de l'Organisation mondiale du commerce et dans d'autres
organisations internationales. Lors du sommet de l'APEC à Danang, au
Vietnam, Donald Trump a dirigé tous ses efforts vers le renforcement des
relations bilatérales avec les principaux partenaires des États-Unis
dans l'Asie-Pacifique, comme le Japon et l'Inde, pour faire face à la
Chine. Selon certaines estimations, suite à la guerre commerciale avec
les États-Unis la Chine perdrait 458 milliards de dollars par an (le
montant de ses exportations vers les États-Unis), un chiffre qui
pourrait augmenter, si les partenaires américains entrent dans cette
guerre.
Néanmoins, les tentatives des États-Unis peuvent s'avérer vaines puisque la Chine a une arme de rétorsion et n'abandonne pas ses projets ambitieux, en s'affirmant comme le leader mondial sur plusieurs plans.
«Nouvelle ère» chinoise: se débarrasser de l'étiquette d'«atelier mondial»
Le 19e Congrès du Parti communiste chinois, qui s'est tenu du 18 au 25 octobre, a établi les priorités du développement économique de la Chine pour les 30 ans à venir. Ce congrès a permis de systématiser les idées proposées par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans. Le principal objectif est simple: devenir une grande puissance dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la robotique, des énergies renouvelables et de la biotechnologie, et de se poser en rival des pays occidentaux.
Aujourd'hui, la Chine possède déjà de fait plusieurs leviers économiques. Dans la guerre commerciale imposée par les États-Unis, la Chine pourrait se servir du «talon d'Achille des États-Unis» — leur dette publique. La Chine est en effet le plus grand créancier des États-Unis et peut potentiellement faire chuter le cours des bons du Trésor américain en les vendant en grande quantité.
De plus, la Chine impose sa vision de l'ordre économique mondial, en
fondant les nouvelles institutions financières et organisations
économiques où elle s'affirme comme un leader. En 2014, la Chine et les
autres pays des BRICS ont fondé la Nouvelle banque du développement
qui pourrait rivaliser avec les structures financières créées par les
occidentaux (Fond monétaire international et Banque mondiale) dans
l'avenir.
La Chine promeut également le projet «La ceinture, la route» censé permettre à la Chine d'acheminer plus rapidement ses marchandises vers les consommateurs en Europe et en Afrique.
Depuis les années 1980, la Chine affiche un taux de croissance économique spectaculaire qui s'était maintenu au-dessus de 10% par an jusqu'en 2010. Bien que la croissance se soit ralentie sur fond de crise économique mondiale, la Chine a réussi à dépasser les États-Unis en tant que première économie mondiale en 2014.
Les États-Unis et la Chine sont donc des adversaires appartenant à la même catégorie de poids et capables de se porter des coups graves. Combien de rounds tiendront les adversaires?
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.
Source: fr.sputniknews.com

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Sputnik.
Trump se prépare à une réunion «très difficile» avec Xi Jinping
Les relations commerciales sino-américaines battent de l'aile depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Pour le nouveau Président américain, la Chine est un ennemi, capable de déjouer ses plans pour rendre l'Amérique à nouveau grande («Make America Great Again», le slogan de sa campagne présidentielle).
«Il y a ceux qui veulent que je ne qualifie pas
la Chine d'ennemi. Mais c'est exactement ce qu'ils (les Сhinois, ndlr)
sont. Ils ont détruit nos industries en embauchant des ouvriers peu
rémunérés, […] espionné nos entreprises, volé nos technologies, manipulé
et dévalué leur devise pour rendre nos produits plus coûteux à
importer», avait écrit en 2015 le futur Président américain dans son
livre «Crippled America: How to Make America Great Again».

Sputnik
Rendre l'Amérique à nouveau grande
Le 19e Congrès du Parti communiste chinois, qui s'est tenu du 18 au 25 octobre, a établi les priorités du développement économique de la Chine pour les 30 ans à venir. Ce congrès a permis de systématiser les idées proposées par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans. Le principal objectif est simple: devenir une grande puissance dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la robotique, des énergies renouvelables et de la biotechnologie, et de se poser en rival des pays occidentaux.
Aujourd'hui, la Chine possède déjà de fait plusieurs leviers économiques. Dans la guerre commerciale imposée par les États-Unis, la Chine pourrait se servir du «talon d'Achille des États-Unis» — leur dette publique. La Chine est en effet le plus grand créancier des États-Unis et peut potentiellement faire chuter le cours des bons du Trésor américain en les vendant en grande quantité.

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AP Photo/ Jason Lee
Xi Jinping
La Chine promeut également le projet «La ceinture, la route» censé permettre à la Chine d'acheminer plus rapidement ses marchandises vers les consommateurs en Europe et en Afrique.
Depuis les années 1980, la Chine affiche un taux de croissance économique spectaculaire qui s'était maintenu au-dessus de 10% par an jusqu'en 2010. Bien que la croissance se soit ralentie sur fond de crise économique mondiale, la Chine a réussi à dépasser les États-Unis en tant que première économie mondiale en 2014.
Les États-Unis et la Chine sont donc des adversaires appartenant à la même catégorie de poids et capables de se porter des coups graves. Combien de rounds tiendront les adversaires?
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.
Source: fr.sputniknews.com