
Le pays est confronté à plusieurs crises. Le conflit qui oppose l’armée
aux séparatistes anglophones a
déplacé 437 000 personnes, dont 32 000
ont fui au Nigeria voisin.
La
crise dans les régions anglophones du Cameroun, où des séparatistes
combattent l’armée depuis fin 2017, ainsi que le conflit contre le
groupe djihadiste Boko Haram dans le nord du pays, ont causé une « augmentation drastique des besoins humanitaires », a alerté l’ONU jeudi 24 janvier.
« Aujourd’hui, le Cameroun ne peut plus être une crise oubliée. Il doit, plus que jamais, être notre priorité »,
a affirmé jeudi Allegra Baiocchi, coordonnatrice humanitaire de l’ONU
pour le Cameroun, lors d’une conférence de presse à Genève.
L’ONU a estimé à environ 4,3 millions le nombre de personnes ayant besoin d’une « assistance vitale » au Cameroun, « soit une personne sur six, en majorité des femmes et des enfants ».
Ce
pays d’Afrique centrale est confronté à plusieurs crises : dans la
région de l’Extrême-Nord, où l’armée combat depuis 2014 le groupe
djihadiste nigérian Boko Haram ; dans l’Est, où des groupes armés
centrafricains sont source d’instabilité, et dans le Nord-Ouest et le
Sud-Ouest, les régions anglophones en conflit depuis plus d’un an.
Kidnappings
Fin
2017, après un an de protestation, des séparatistes anglophones qui
réclament l’indépendance du Cameroun anglophone ont pris les armes
contre Yaoundé.
Depuis, le Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre d’un violent conflit armé.
Chaque
jour, des combats opposent l’armée, déployée en nombre, à des groupes
épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale,
attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les kidnappings.
« Nous
reconnaissons l’ampleur des différentes crises auxquelles nous sommes
confrontés et nous encourageons tous les acteurs à travailler en
partenariat étroit », a déclaré Mme Yap Mariatou, directrice de la protection civile camerounaise, présente à la conférence de presse de Genève.
« Les besoins humanitaires vont probablement augmenter dans les années à venir », estime Mme Baiocchi qui s’inquiète d’un sous-financement face à ces besoins. Cela « signifie
que nous ne pouvons pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour
améliorer la vie des personnes les plus vulnérables au Cameroun », s’alarme-t-elle.
Selon
l’ONU jeudi, 437 000 personnes ont été déplacées par le conflit dans
les régions anglophones, et plus de 32 000 autres ont fui au Nigeria
voisin.
Source:lemonde.fr

