
En République démocratique du Congo, la présidence a promis vendredi 1er mars de payer manuellement les salaires de tous les policiers et militaires, en attendant de régulariser la situation de ceux qui n'ont pas été mécanisés, c'est-à-dire pour tous ceux qui n'obtiennent pas leur paie automatiquement via le système bancaire. L'objectif est de calmer la grogne au sein des services de sécurité.
Dans plusieurs villes du pays ces derniers jours, des policiers ont
tiré en l'air pour réclamer le paiement de leurs soldes, notamment ceux
qui avaient été déployés pour les élections. Le nouveau chef de l'Etat
congolais a demandé des sanctions, mais il a aussi renouvelé sa promesse
d'améliorer le quotidien des forces de sécurité congolaise. Alors que
faire pour améliorer leurs conditions de travail ?
Aujourd'hui, le salaire du policier le moins gradé n'atteindrait pas
les 80 dollars, selon des membres de la police, et ce serait
particulièrement dur en raison du taux de change plus bas que le taux du
marché prévu par la loi budgétaire. Du coup, depuis l'époque de Laurent
Désiré Kabila, non seulement le salaire est plus bas, mais leur pouvoir
d'achat se serait considérablement dégradé.
Fait rare, le porte-parole de la police, qui salue les déclarations
du nouveau président, s'est exprimé sur le sujet. Pour le colonel
Mwanamputu, il faut non seulement améliorer le salaire des policiers,
mais aussi leur accorder les avantages sociaux prévus par la loi de
2013.
« En plus des allocations familiales, il y a les indemnités de
logement parce que le policier n’est pas cantonné. Il y a les soins de
santé et les frais pharmaceutiques. Et dès son entrée en service, les
policiers bénéficient aussi des frais d’installation. Tant que cela a
été inscrit dans la loi de finance, mais n’a pas connu de début
d’instruction, c’est un problème. La prise en compte a été faite, mais
l’application n’est pas arrivée. »
Pour le porte-parole de la police, nul doute que l'amélioration des
conditions de vie des policiers permettra une amélioration de la qualité
de leur travail. En janvier, selon l'ONU, les forces de sécurité se
sont rendues coupables de plus de 70% des violations des droits de
l'homme commises sur l'ensemble du territoire, la police est parmi les
services les plus décriés.

