
Le Sénat a joué un rôle crucial depuis trois ans pour bloquer certaines des initiatives les plus
controversées du président.
Plus de 61 millions de Philippins ont commencé à voter, lundi 13 mai,
pour des élections de mi-mandat qui sont considérées comme un
référendum pour le président Rodrigo Duterte. Elles devraient accroître
sa mainmise sur le pouvoir face à une opposition en déclin et
l’autoriser à mettre en œuvre ses promesses de rétablissement de la
peine de mort pour les crimes liés au trafic de drogue et de réforme de
la constitution.
Plus de 18 000 mandats parmi lesquels
plus de 200 maires et gouverneurs, 245 sièges à la chambre basse du
Parlement et dont la moitié des sièges du Sénat sont remis en jeu à
l’occasion de ce scrutin.
Craintes de l’opposition
Le
Sénat est une institution qui a joué un rôle crucial depuis trois ans
pour bloquer certaines des initiatives les plus controversées de
l’ancien maire de Davao, la grande ville du Sud. Historiquement, les
24 membres du Sénat philippin, qui sont élus pour six ans, se sont
toujours montrés plus indépendants d’esprit que leurs collègues de la
chambre basse.
Obtenir
la majorité au Sénat faciliterait la tâche du président, qui serait
libre de faire ce qu’il veut en matière de sécurité et de réforme
constitutionnelle. L’opposition n’a cessé de mettre en garde contre le
fait que M. Duterte pourrait abolir la limite constitutionnelle
actuelle, qui est d’un mandat unique de six ans pour le président.
Toute
réforme constitutionnelle implique non seulement l’accord du Congrès,
mais aussi une approbation par référendum. Le rétablissement de la peine
de mort et la réforme constitutionnelle ont été sans problème votés par
la Chambre des représentants depuis 2016, mais ils se sont heurtés au
veto du Sénat.
Elu en 2016, M. Duterte a été la cible de critiques des capitales
occidentales en raison de sa politique violente de lutte contre le
trafic de drogue et de tirades parfois ordurières. Mais il conserve une
très forte popularité dans l’archipel, en raison notamment de son
franc-parler, une partie des Philippins continuant de le voir comme un
recours crédible face à l’inefficacité prêtée aux élites politiques
traditionnelles.

