
La
valeur boursière du top 100 des banques cotées sur les bourses
africaines a reculé de 39
milliards $. Cela traduit un sentiment
d’inquiétude des investisseurs. La publication des performances du
premier semestre 2020 apportera plus d’éléments d’analyse.
La
valeur boursière des 100 banques et groupes bancaires cotés sur les
marchés financiers les plus valorisés d'Afrique, a reculé de 39
milliards $ entre le premier janvier et le 23 juillet 2020, a appris l'Agence Ecofin des
données collectées sur les performances de ces entreprises. 90% des
banques concernées qui ont été examinées sur la période ont vu leurs
valeurs reculer.
A
l'échelle du monde, 96 des 100 banques cotées les plus valorisées ont
vu leurs valeurs reculer. Cependant, la perte à l'échelle mondiale de
1440,6 milliards ne représente que 24% de la capitalisation boursière au
1er janvier 2020, alors que les pertes des banques africaines représentent 30%.
Les
plus grandes perdantes en Afrique sont aussi les banques les plus
valorisées. Le sud-africain FirstRand Group vient ainsi en tête avec une
perte de 7,8 milliards $ de valeurs boursières. Il est suivi de
Standard Bank Group (-5,6 milliards $).
Au
total, les banques sud-africaines constituent l'essentiel de ces pertes
avec un total de 38 milliards $ de valeurs boursières perdues pour
celles qui sont dans le top 10. Viennent ensuite les grands groupes
bancaires marocains (Attijariwafa, Bank of Africa, et Banque Centrale
populaire), qui ont fait perdre à leurs investisseurs 16,2 milliards $
de valeurs.
Les
banques sud-africaines affichent les plus grosses pertes en raison
d'une forte présence dans leur actionnariat d'investisseurs
institutionnels étrangers qui sont très sensibles aux variations de
risque. Or la situation économique en Afrique du Sud s'est fortement
dégradée. Déjà avant la covid-19, les banques du pays faisaient face à
un repli des activités, et la hausse de l'endettement. Ces défis se sont
accrus avec l'arrivée de la pandémie.
Dans
cette ambiance de mauvaises nouvelles, quelques banques ont vu leurs
valeurs boursières progresser. Sur ce point, la banque la plus
performante est CRDB Group qui est cotée en Tanzanie sur le Dar es Salam
Stock Exchange. Elle a gagné 50 millions $ de valeurs sur la période.
Viennent
ensuite trois banques cotées sur le Malawi Stock Exchange, qui ont
gagné collectivement 71 millions $ de plus-values. Une banque
francophone fait partie des meilleurs performeurs, c'est Bank of Africa
Mali cotée sur la Bourse d'Abidjan, et dont la valeur a progressé de 2,4
millions $.

(Source: S&P Capital IQ, Calculs Agence Ecofin)
La
publication des résultats du deuxième trimestre et ceux du premier
semestre 2020 a déjà commencé. Les données fournies par les sociétés
financières et les entreprises non financières permettront d’avoir un
meilleur aperçu de la situation des banques.
Une
hausse des provisions pour risques sur les crédits sera un indicateur
de stress. De même, une baisse de la trésorerie des entreprises non
financières, couplé à une baisse des revenus sera aussi un risque de
non-remboursement des échéances.
Avec
l’Institute for International Finance (IIF), on relève que le poids de
la dette des sociétés non financières sur le produit intérieur brut de 5
économies majeures en Afrique (Kenya, Ghana, Egypte, Afrique du Sud et
Nigeria), a été en baisse pour chacune d’elles au cours du premier
trimestre 2020. Mais on ignore comment s’est passé le second trimestre,
lorsqu’ont été décrétés les confinements.
Idriss Linge
Par Agence Ecofin

