Cet évènement parrainé et organisé par le Centre
International de Recherches et de Documentation sur les Traditions et
les langues Africaines(CERDOTOLA) et ses partenaires
s’est déroulé pour
la toute première fois au monde, en pleine forêt équatoriale tropicale
dans le campement Pygmées (Bagyeli, Bakola) de Grand Zambi, près de
Bipindi dans la Région du Sud Cameroun. La thèse de Doctorat en
Anthropologie de Jean Nke Ndih intitulée « Gestion traditionnelle des
écosystèmes forestiers par les Pygmées Bakola/Bagyeli et voisins bantu
face à l’exploitation néolibérale au Sud-Cameroun » a été défendue
devant un jury composé d’universitaires nationaux et internationaux mais
aussi des Pygmées.
Le jury était impressionnant. Car composé d’éminentes personnalités
scientifiques et universitaires internationales : le Pr. Alain Froment,
Pr. Dany Rondeau, et le Dr Patrick Kulesza. A leurs côtés, les
examinateurs camerounais, les Professeurs Godefroy Ngima Mawoung et
Julius Victor Ngoh et les assesseurs Pygmées notamment Anne Nyalipoua,
Lucien Ngali et Jean baptiste Tsagadig. C’est face à ce jury présidé par
le Pr. Charles Binam Bikoi, Secrétaire Exécutif du CERDOTOLA, que Jean
Nke Ndih a défendu sa thèse de Doctorat en anthropologie. En présence
des chefs traditionnels de la localité et du Préfet du Département de
l’Océan, Antoine Bisaga.
Cette soutenance publique de la thèse de Doctorat
en Anthropologie, a permis au candidat Jean Nke Ndih, de dévoiler au
public la méthodologie de son travail de recherche. Qui s’est fait à
partir de son affiliation institutionnelle à deux laboratoires de
recherche de l’Université Catholique de Louvain(UCL) : le Centre
d’Etudes de Développement(CED) et le Laboratoire d’Anthropologie
Prospective(LAAP) sous la direction scientifique du Pr. Pierre-Joseph
Laurent.
Au campement Pygmées de Grand Zambi, les membres du jury ont chacun donné une appréciation au travail présenté par Jean Nke Ndih.
Le Dr. Patrick kulesza qui a qualifié cet évènement d’
« exceptionnel », reconnait avec le candidat que « les peuples
autochtones ont un rôle majeur à jouer par rapport aux stratégies de
développement, elles ont une connaissance de la forêt, de savoir, des
expressions culturelles qui sont très importantes, et qu’il faut
valoriser et qui participent à la richesse de la diversité culturelle de
l’humanité ». Pour le Pr Julius Victor Ngoh « il faut tout faire pour
que les pygmées participent dans les différents projets. On doit tenir
compte de leurs avis et il faut toujours associer les pygmées dans tout
ce que l’Etat, ou la société veut faire ».
Le Pr. Dany Rondeau, en soulignant l’enjeu principal dans cette
thèse à savoir « l’exploitation forestière », a relevé un déficit
d’encadrement de la part de l’Etat. Pour elle, « il faut une gestion
communautaire des forêts, et responsabiliser les populations en les
faisant participer à la gestion des ressources ». Le Pr. Alain froment,
anthropologue biologiste, a pour sa part invité les autorités à mettre
tout en œuvre pour que « ces populations locales qui habitent ici
depuis longtemps soient reconnues dans leurs droits fonciers, dans
leurs droits à gérer les forêts communautaires, et d’une façon générale
dans leurs droits humains ».
Quant au Directeur régional et Représentant de l’unesco pour
l’Afrique centrale à Yaoundé, Loïtéohin Félix Ye, cette « démarche
originelle et originale », satisfait pleinement à l’orthodoxie de la
science. Le préfet du département de l’Océan, Antoine Bisaga pour qui
« cette soutenance, moment exceptionnel, devrait être suivie par
beaucoup d’administrateurs », pense qu’il faudrait désormais mettre le
pygmée au cœur du processus de gouvernance. Il estime que cette thèse
devrait être vulgarisée, transposée dans d’autres milieux
administratifs, car « quand nous décidons de nos bureaux on n’a pas dans
notre esprit les pygmées ou d’autres couches sociales. Donc il
faudrait aller plus en bas et se dire qu’il ya d’autres couches sociales
qui ont besoin d’une autre démarche pour qu’il ya ait harmonie sociale
et pour que le bonheur soit partagé par tous » a-t-il conclu.
Le Jury de cette soutenance a donc accordé à Jean Nke Ndih né le 5
août 1961, la légitimation avec mention Très honorable, et les
félicitations du jury. Le CERDOTOLA lui a décerné le
papyrus de légitimation, notamment le titre de Docteur Expert es
traditions africaines, option l’homme et son milieu.
Le Pr. Charles Binam Bikoi, le président du jury, en saluant ce
Travail « innovant, engagé pragmatique », a déclaré à la presse que
cette thèse mérite d’être « valorisée, vulgarisée » et que « le
CERDOTOLA saura s’employer à donner une suite dans le sens de la
vulgarisation des connaissances contenues dans cette thèse, et qui sont
d’ordre pluridisciplinaires et d’une valeur exceptionnelle pour
l’économie, pour la gestion de l’écologie, pour la relation de l’homme
avec son milieu, toutes choses qui ont été consacrées par le va et vient
ente l’académie et la communauté des Bakola, Bagyeli… ».
En rappel, il est prévu la production d’un documentaire combinant les
images de la défense de cette thèse au campement Pygmées de Grand
Zambi, les images de la défense de la même thèse à Louvain le 06 mai
2014,les différents aspects des connaissances écologiques des pygmées,
ainsi que les solutions endogènes aux problèmes de développement
durable, de protection de la nature et de défense des droits des peuples
autochtones.
Ericien Pascal Nguiamba envoyé spécial à Grand Zambi
yaoundeinfo.com

