Autodidacte de l’audiovisuel, Lucas Martinez a
lancé sa propre boite de production après avoir vécu un an en Bolivie.
Portrait d’un entrepreneur persévérant et parti de rien.
La
soif d’apprendre et une passion insatiable pour l’image : voilà les
deux moteurs de Lucas Martinez, 26 ans et fondateur de la boîte de
production LMZ. Après un BTS en tourisme obtenu en 2009, il part l’année
d’après en Bolivie dans le cadre d’un échange universitaire. Et puis
lui vient l’idée suivante : « J’avais envie de communiquer à mes proches
ce que je vivais là-bas. Petit à petit, j’ai commencé à faire des
petits sujets vidéo sur mes excursions dans le pays. Pour se faire, j’ai
dû apprendre le montage en autodidacte grâce à des tutoriels sur le web
et des bouquins. Je commençais à adorer ça. » Ses vidéos sont publiées
sur un blog et petit à petit, il professionnalise sa manière de
travailler.
Dilemme professionnel
A la fin de l’année
2010, le passionné de voyage rentre en France. Il est face à un dilemme :
travailler dans le secteur du tourisme ou se lancer à son compte dans
la production audiovisuel. « De nature intuitive, je me suis dit qu’il
fallait tenter l’aventure dans l’image. Je savais que cela allait être
difficile au début, mais j’ai fait ce choix sans aucun regret », confie
Lucas Martinez.
Formation « sur le tas »
Pour gagner en
expérience et approfondir sa formation, il envoie « au culot » des
lettres de motivation à différentes boîtes de production en vue d’un
stage non rémunéré. Une petite société lui répond favorablement. Entre
novembre 2010 et juillet 2011, il fait ses armes au sein de cette
structure et passe entre-temps sous le statut d’auto-entrepreneur pour
leur fournir des prestations audiovisuelles. Fin 2011, il arrête de
travailler avec cette structure et décide de se lancer en indépendant et
élargir son réseau client. Il se remémore : « J’ai pigé à droite et à
gauche, parfois gratuitement, parfois en étant payé. Ce n’était pas
simple, mais c’était le prix à payer pour se faire connaître et prouver
ma valeur. »
De l’auto-entreprise à la SAS
Après deux ans à
travailler en auto-entrepreneur, Lucas Martinez lance officiellement la
SAS LMZ production début 2015. « J’ai pu financer cette structure grâce
aux bénéfices issues de mes différentes prestations », explique-t-il.
Aujourd’hui, LMZ production tourne avec 10 à 15 clients à l’année, en
majorité des annonceurs et des producteurs de clips. L’entrepreneur
travaille également avec des agences de communication, des clients
institutionnels et des producteurs de documentaire. « Même si certains
projets doivent être réalisés dans des temps très courts, je mets un
point d’orgue à les suivre de A à Z et à produire des images de qualité,
précise l'entrepreneur passionné. J’utilise des outils de réalisation
innovants comme les drones par exemple. Cela apporte une valeur ajoutée à
mon travail et c’est apprécié par les prospects en général ».
« Au four et au moulin »
Aujourd’hui,
la société est rentable et Lucas Martinez travaille avec deux amis
partenaires mais qui ont leur propre structure. Mais ce n’est simple
tous les jours raconte-t-il : « Quand on est seul au commande de sa
boîte, il faut être au four et au moulin ! A côté de son coeur de
métier, il faut gérer la gestion, la comptabilité, l’administratif et la
recherche de clients. Mais bon, je prends tout de même du plaisir dans
ce que je fais et ça, cela n’a pas de prix. »
S’il avait quelques
conseils à donner aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer, il leur
dirait : « Dès le départ, il faut se dire qu’on arrivera à vivre de son
activité. Dans son réseau personnel, il y a toujours des personnes qui
peuvent nous aider, pensez-y ! Soyez débrouillard et dîtes-vous bien
qu’il y a toujours des solutions aux problèmes les plus compliqués.
Enfin, domptez votre peur. »

