le transfert d’argent au niveau national et international, et leader incontesté dans ce marché au Cameroun. Les choses ont bien changé depuis, le marché du transfert d’argent au Cameroun avec l’entrée de deux concurrents de choix, bien connus du public camerounais, MTN et Orange Cameroun.
Beaucoup
ont toujours pensé qu’Express Union et Express Exchange étaient sous
tutelle du ministère camerounais des finances. Eh bien non ! Ces
entreprises spécialisées de l’envoi d’argent sont sous l’autorité du
Ministère des Postes et des Télécommunications, tout comme Orange et MTN
d’ailleurs. Seulement ces compagnies de téléphonie mobile répondent
plus à l’aspect « Télécommunications », tandis que les agences de
transfert d’argent elles, sont plus assimilables à des « Postes ». Le
fait que ces entreprises soient toutes sous le patronage du même
ministère n’a jamais inquiété personne, puisque du point de vue
juridique elles ne produisaient pas les mêmes services. Mais c’était
sans compter sur l’essor de l’économie numérique au Cameroun et partout
dans le monde entier. Express Union est la première à avoir mis sur pied
le principe de transfert d’argent par téléphone mobile au Cameroun. Une
révolution qui va changer les habitudes des consommateurs en facilitant
leurs transactions financières. Seulement en présentant ce nouveau
service sur le marché, cette microfinance a attiré l’attention des
opérateurs de la téléphonie mobile, avec la conception d’une application
mobile destinée à assurer le transfert d’argent entre ses différents
utilisateurs. La microfinance bleue a suscité beaucoup d’intérêts de la
part des opérateurs. « Express Union c’est d’abord 80 millions de
consommation d’appels tous les mois chez nous… autant dire que c’est un
très bon client » nous a confié un responsable de la direction
commerciale d’Orange Cameroun. « Seulement le marché de l’appel et du
sms n’est plus aussi lucratif que par le passé.
Orange
a donc décidé de se tourner vers des marchés plus porteurs, notamment
l’offre de service internet, mais aussi le transfert d’argent ».
Conscients du réseau de distribution que s’est doté le pionnier du
transfert d’argent sur le territoire camerounais, « c’est de façon
logique que nous avons proposé un partenariat entre Express Union et
nous … on étendait notre service Orange Money de façon beaucoup plus
rapide sur l’ensemble du pays grâce à leurs différentes agences Express
Union qu’on retrouve même dans les zones les plus reculées du pays. On
permettait ainsi à nos abonnés de déposer ou retirer de l’argent auprès
de ces guichets partenaires. » Une main tendue que refusera Express
Union, sans doute convaincue de pouvoir assurer ce service par ses
propres moyens. La microfinance rouge Express Exchange elle, ne s’est
pas fait prier.
Une
écrasante concurrence, un marché en pleine mutation « J’envoie
désormais de l’argent à ma grand-mère par orange money » explique
Clotilde, résidente à Douala. « Le plus pratique est que du fait de son
âge, c’est l’agent orange money qui vient à son domicile pour effectuer
le retrait. C’est beaucoup plus simple pour tout le monde ». Ils sont
nombreux comme Clotilde, à avoir déserté les guichets des microfinances
rouge et bleue au profit de MTN Mobile Money et/ou Orange Money. Un
service plus approprié et surtout moins couteux. Pour un envoi d’une
somme de 10.000FCFA (15,3€) par exemple, Express Union ou Express
Exchange touche une commission qui varie entre 400 FCFA et 450 FCFA.
Pour la même somme pourtant, Orange Money facture un coût compris entre
100 FCFA et 150 FCFA. Le secrétaire général de la Commission Bancaire de
l’Afrique centrale (COBAC) en mai 2015, avait déploré le non-respect du
règlement 02/00/Cemac/Umac portant harmonisation de la règlementation
dans les Etats membres de la CEMAC, c’était dans un rapport de sa
mission d’évaluation poussé vers les établissements de transfert de
capitaux en mai 2015.
Le
choix est donc vite fait pour les consommateurs toujours à l’affut de
la bonne affaire. Ça sent désormais le roussi pour Express Union qui se
contente désormais de proposer à sa clientèle des jeux tombola, avec à
la clé des terrains titrés, des véhicules flambants neufs ou encore de
l’électro-ménager ; mais pour les observateurs aguerris c’est une
question de temps, Express Union fonce tout droit vers une faillite
certaine. « Le marché va tranquillement les amener à s’aligner. Soit ils
acceptent un partenariat avec un opérateur de téléphonie mobile, soit
ils deviennent eux-mêmes opérateur de téléphonie de mobile » ce
responsable d’Orange est clair dans ses propos, Express Union n’a plus
de contrôle sur ce marché de transfert des capitaux qui désormais, sera
l’apanage des compagnies de téléphonie mobile. Express Exchange, la
microfinance rouge s’est arrimée à cette nouvelle tendance. « Le marché
du transfert de capitaux est très vaste, il existe encore des millions
de camerounais qui vivent en marge du monde numérique. Les populations
rurales par exemple. Tout est une question de mœurs, nos populations
n’étant pas encore suffisamment imprégnées des technologies de
l’information et de la communication », explique David, commercial chez
Express Exchange. En même temps qui viendra dire au public qu’il perd de
plus en plus sa clientèle au profit du concurrent ? « Si vous laissez
une entreprise contrôler toutes vos communications, et désormais vos
finances, alors vous leur donnez un pouvoir incommensurable. Vous les
laissez contrôler votre vie » les opérateurs de téléphonie mobile pour
cet observateur, pourront dans un avenir proche influencer l’économie
d’un pays et même d’un continent, un peu comme le font les grandes et
puissantes compagnies financières et pétrolières dans le monde. « Oui !
C’est inévitable désormais. Toutes des banques en lignes, offrant des
services de transfert de fonds et de paiement en ligne, et pourquoi pas
des solutions d’épargne et de crédit. Les grandes banques elles,
chercheront à devenir des opérateurs de téléphonie mobile comme c’est le
cas déjà en Occident. Nous sommes en plein dans l’économie numérique…
ceux qui ne voudront pas s’aligner devront disparaitre ». nous a
expliqué avec froideur ce responsable à la direction commerciale
d’Orange Cameroun. La loi de la sélection naturelle dit-on, où les plus
faibles disparaissent, tandis que les plus forts s’adaptent.
Par Thierry Ndassa / Journaliste
Source: afrik-inform.com

