Dans son rapport 2016 sur les TIC intitulé «l’innovation dans l’économie numérique», qu’il vient de publier, le World Economic Forum (WEF) classe 139 économies dans le monde, en fonction du degré d’intégration des TIC
dans leurs différentes politiques de développement économique et social. Le Cameroun pointe à la 124ème position, se classant ainsi parmi les 20 Nations enquêtées qui ont le moins intégré les TIC dans leur développement économique et social.
Avec
une note globale de 3 sur 7, le Cameroun arrive très loin derrière des
pays tels que l’île Maurice, premier en Afrique qui pointe au 49ème rang
mondial, ou encore l’Afrique du Sud (65ème mondial), les Seychelles
(74ème), le Maroc (78ème), le Rwanda (80ème), la Tunisie (81ème), le
Cap-Vert (85ème), le Kenya (86ème), l’Egypte (96ème) et la Namibie
(99ème), qui constituent le top 10 africain.
Depuis
2013, le classement et la note du Cameroun n’ont pas beaucoup évolué
dans ce hit-parade dominé au plan mondial cette année par Singapour et
la Finlande. En 2015, le pays pointait au 126ème rang sur 143 Nations ;
en 2014, le Cameroun était classé 131 sur 148 ; et 124ème sur 144 pays
en 2013.
Selon
le WEF, ce classement prend en compte de nombreux critères qui sont
principalement le niveau d’utilisation des TIC dans l’administration
publique, dans les entreprises et par les populations ; les politiques
de développement des TIC et la régulation du secteur ; les
infrastructures, l’accessibilité, l’innovation ; ainsi que les impacts
socio-économiques de ces technologies dans le pays.
Dans
le détail, le WEF révèle que le Cameroun échappe même à la tendance
générale en Afrique, qui veut qu’à l’inverse de ce qui est observé dans
les pays développés, les TIC soient plus utilisés par l’administration
publique que par les entreprises et les populations. En effet, si le
classement reconnaît que les TIC occupent une place importante dans la
vision du gouvernement camerounais, il fait cependant observer qu’en
matière de mise en place des services online, le pays est encore très en
retard.
Parmi
les autres déceptions de ce classement, l’on note l’utilisation
excessive des logiciels piratés (82%) ; les tarifs élevés sur le marché
de la téléphonie mobile, notamment sur les offres prepaid qui
représentent 80% du parc des abonnés dans le pays ; la sécurisation
approximative de l’internet ; la faible compétition entre l’internet et
le téléphone ; les faibles capacités de la bande passante ; les taux de
disponibilité de la connexion internet dans les domiciles (6,5%), de
possession d’un ordinateur personnel (9,6%) et d’utilisation de
l’internet (11%), etc.
Au
rang des motifs de satisfaction, au regard des notes attribuées au
Cameroun dans ce classement du WEF, l’on peut citer le taux de
pénétration du mobile dans le pays qui est estimé à un peu plus de 75% ;
le taux de couverture du territoire par le réseau de téléphonie
mobile (48%), l’existence d’un cadre réglementaire régissant le secteur
des TIC, ou encore l’effectivité de nouvelles technologies dans le
domaine des TIC et Télécoms, etc.
Brice R. Mbodiam
Investir au Cameroun

