Catastrophes en séries
Des morts font revenir le vacancier “Suisse”
En « visite de travail » dans notre pays depuis dimanche dernier, Paul
Biya se rendra-t-il enfin compte des dégâts causés par la politique
erratique qu’il a menée, dès 1982, pour le malheur des Camerounais ?
Politique marquée par la dégradation totale des routes avec pour
conséquences indirectes, des milliers de victimes ?
Suite à la
catastrophe ferroviaire dont le lien avec l’effondrement de la chaussée
de la « piste » pompeusement appelé « axe lourd », le débat sur le
nombre des victimes anime les conversations. De notre point de vue, le
problème ne se situe pas à ce niveau car, il n’y aurait qu’une victime
que ce serait la victime de trop
Le procès de 34 années d’incuries
Il semble néanmoins que le seuil de 100 décès sera dépassé et que des
centaines d’autres camerounais garderont longtemps, les séquelles
physique et morale causées par une telle tragédie.
Personne ne
nous empêchera de pointer du doigt l’unique responsable de cette
situation : Paul Biya. En considérant la fonction présidentielle
uniquement comme un instrument de jouissance personnelle, ignorant les
contraintes qui en découle, cet homme prépare tous les ingrédients
nécessaires à la fabrication d’un « cocktail explosif » dont les
Camerounais seront les principales victimes.
Jamais, de mémoire
d’observateur politique, nous n’avons vu un chef d’Etat aussi paresseux
et méprisant envers son peuple, pourtant assez amorphe face à son action
qui lui cause grief.
La conséquence est que tout va tellement mal au Cameroun que c’est un véritable miracle qu’un embrasement général ne se soit pas encore produit.
La conséquence est que tout va tellement mal au Cameroun que c’est un véritable miracle qu’un embrasement général ne se soit pas encore produit.
Pour en revenir aux causes indirectes
du drame qui se déroule devant nos yeux en plusieurs étapes, il est
important de noter que, même si le ministre Mebe Ngo’o tente de masquer
le problème, tout part de l’état lamentable de nos routes. Etat de
délabrement général qui cause chaque jour, sur des axes aussi fréquentés
que Yaoundé – Bafoussam-Bamenda, Yaoundé- Douala-Bafoussam… (les
triangles de la mort), des dizaines de morts ; l’étroitesse de la
chaussée et des nombreux nids de poule étant autant de pièges mortels..
En concentrant tous les pouvoirs à la présidence de la République, en
refusant toute décentralisation, en nommant autour de lui des
cleptomanes notoires, en ne punissant que ceux qui lorgnent son « trône
»… on ne peut qu’arriver à cette situation d’un pays bloqué, que tout le
monde considère comme un volcan endormi ; un pays qui s’en remet au
souffle, de plus en plus court, d’un homme en fin de parcours.
Si
au moins il travaillait ? En érigeant le « voyage privé quelque part en
Europe » en méthode de gouvernement, comment s’étonner que les
catastrophes (Boko Haram, routes coupées, accidents de trains…)
s’accumulent ?
Pourquoi un tel drame ?
Tout ce que Paul
Biya met en place, s’apparente à des gadgets. Il existe dans notre pays,
de nombreux mécanismes afin d’éviter ce mauvais état des routes,
surtout les principales dites « à péage ». Mais au préalable, il
faudrait, avec force rappeler à tous, que l’idée du président de la
République d’instaurer un système de péage routier sur des « sentiers »,
est une véritable escroquerie ?
Comme le rappelait, fort à
propos, le député Sdf Jean Michel Nitcheu, une somme de 84 milliards de
Fcfa dans le budget 2016 est consacré à l’entretien des routes ; il
serait intéressant de vérifier ce qu’on en a fait, le Premier ministre
Yang Philémon étant, par exemple, obligé de chausser pratiquement des
bottes lorsqu’il doit se rendre dans son Bamenda natal.
Où passe
l’argent des péages routier ? La redevance d’usage de la route ? La taxe
spéciale sur les produits pétroliers ? A quoi sert le Fonds routier?
En l’absence de Conseils de ministres, en présence d’un Premier
ministre qui n’en ait pas véritablement un, marqué à la culotte par les
membres du clan Biya qui n’en font qu’à leurs têtes ; avec un président
absent et surtout paresseux, comment s’étonner que l’impunité et
l’inaction gangrènent autant l’administration camerounaise au point de
la paralyser ?
Tout un pays humilié
De quoi avons-nous
l’air aujourd’hui lorsque dans le monde entier, on apprend qu’un «
vacancier » atteint par la limite d'âge « sévit » impunément à la tête
de notre pays ? Lorsque les images d’un de nos compatriotes font le tour
des réseaux sociaux, le montrant en train de crier son désespoir sous
la fenêtre de la chambre d’hôtel d’un homme qui a fait de Genève, la
capitale « politique » de son pays, abandonnant ainsi son peuple pour ne
s’occuper que de sa « grande » personne ?
L’image de ce vieil
homme rentrant au pays pratiquement la queue entre les jambes a quelque
chose de pathétique et pourrait appeler à la compassion si ce dernier
n’était, indirectement et directement, responsable de milliers de pertes
en vies humaines, depuis son accession au pouvoir en 1982. Que pense le
monde entier en le voyant revenir en catastrophe pour subir des
événements qu’un homme moyennement prévoyant aurait pu anticiper ?
Pauvre pays dirigé par le pire des égoïstes. Sans doute faudrait-il 100
morts toutes les semaines pour l’obliger enfin à résider dans le pays
qu’il prétend diriger.
Benjamin Zebaze Dans l’édition N° 423 du journal Ouest Littoral

